Vieilleries – Pas craquer – Les repas de famille 5

Toujours dans la même veine de : j’ai des enfants qui n’existent pas et un perroquet qui s’appelle Rex.

Vous ne savez pas trop pourquoi ça leur prend, mais un beau matin vos bouts-de-choux viennent tirer sur votre chemisier en demandant « Oh, si on invitait papi et mamie et aussi tata Mimi et oncle Tino ? » Euh… « Oui, tiens, pourquoi on ne fait pas un petit repas sympa avec toute la famille ? » renchérit Conjoint. Pourquoi ? Eh bien…


Parce que « on », ça veut rarement dire Conjoint et les monstres. C’est comme « il faudrait qu’on emmène la voiture au garage » ou « il faudrait qu’on prenne rendez-vous chez le coiffeur pour Poupinette », il faut le savoir : « on », c’est vous. Quand « on » demande un coup de main aux enfants et ? Conjoint pour éplucher les légumes, mettre la table ou ranger la salle ? manger, des projets urgents et prioritaires surgissent. Parce que eux, apparemment, ont des choses super importantes ? faire. Soudain, vos enfants sont très impatients de faire leurs devoirs. Quant ? Conjoint, il affirme d’un air très important qu’il est en train de « vérifier le chose… qui euh, l? dans le… » et il s’éclipse. Voil? « on » seule avec trois kilos de patates ? gratter et l’appart ? ranger.

« On » ne craque pas.


Parce qu’il n’est écrit nulle part qu’on est obligé d’aimer sa famille. Encore moins celle de Conjoint. Et vous, les voir pour tirer les rois (soit une fois par an), ça vous suffit largement. Parce que pendant que vous suez pour monter la mayonnaise ? la fourchette (« sinon, c’est moins bon », dixit votre belle-mère), et que vous aspirez frénétiquement le canapé, vous ne voyez pas vos copines préférées. Alors qu’elles, vous avez vraiment envie de passer du temps avec elle. On ne choisit pas sa famille, certes, mais est-on obligé de l’inviter ? déjeuner tous les dimanches ? Selon Conjoint, qui n’épluche rien : oui.

« On » ne craque pas.


Parce que vous vous pliez en quatre pour faire plaisir ? tout le monde, trouver un menu qui convienne ? chacun (mais pas le même que la dernière fois), que vous dépensez de l’argent, que vous mettez une jolie table. Et que les rares fois où la famille vous reçoit, vous et vos enfants, vous ne pouvez vous empêcher qu’ils ne se sont pas foulés. On sait, c’est mal. Maintenant, en plus d’être énervée parce que cette co**erie de mayo ne monte pas, vous culpabilisez.

« On ne » craque pas.


Parce que vos petits monstres sont tout ? fait d’accord pour recevoir leurs cousins (qui vont encore leur apprendre des gros mots ? faire rougir Jean-Marie Bigard), courir autour de la table en hurlant (et vous attirer toutes sortes de réflexions très agréables sur l’importance de l’assimilation des règles du vivre-ensemble, ce qui vous donne ? tous les coups l’envie de hurler que bien vivre ensemble, c’est aussi s’abstenir de réflexions désagréables sur comment les autres éduquent leurs mômes) , refuser de manger des légumes (comme ça Mamie, qui leur donne toujours raison, peut décréter que de toute façon, ce n’est pas assez cuit, et personne autour de la table ne va manger les petits pois écossés avec vos douces mains). En revanche, pour ranger leur chambre et se coiffer un peu, histoire de faire propre, c’est non. Du coup, quand Mamie arrive, elle est accueillie par Poupinette en larmes, échevelée et hurlante, qui se jette dans ses bras en sanglotant. Mamie vous regarde comme si vous battiez sa descendance avec un tisonnier alors que vous vouliez seulement lui faire des couettes.

« On » ne craque pas.


Parce que la seule chose dont vous avez envie, quand enfin tout est prêt, que la table est mise, que tout le monde est habillé et astiqué et prêt ? recevoir ses tantes et cousins, et que les gens arrivent (en retard, mais ce n’est pas très grave, les soufflés c’est meilleur plat) c’est d’aller vous coucher. Dommage : entre l’apéro et le pousse-café, vous êtes partie pour 5 heures ? servir, desservir, et resservir. Et c’est sans compter la vaisselle.

« On » ne craque pas.


Quand enfin le dernier petit cousin criant « cacaaa ! Pipi proute cacaaa ! » et rigolant hystériquement est mis dehors, vous êtes prête ? abandonner votre amoureux, et la chair de votre chair, pour partir en Suède, au Brésil, en Mongolie, n’importe quel endroit où les repas de famille sont interdits par la loi. Votre dimanche était plus épuisant qu’une semaine de travail. Vous n’avez pas eu une seule minute ? vous de la journée. Vous vous êtes levée aux aurores pour aller au marché acheter des petits pois qui ont fini par terre. Votre petit dernier, ? qui Papi a eu la bonne idée de donner une gorgée de café « pour goûter », est en mode Speedy Gonzales et va courir partout jusqu’? minuit. Votre aînée est malade ; merci Mamie de lui avoir resservi trois fois du Paris-Brest sous prétexte qu’elle est toute maigre et que ça se voit qu’elle ne mange pas assez. Vous êtes en train de penser sérieusement ? poster ? cette chère Mamie un tupperware de vomi praliné quand Conjoint, l’homme avec lequel vous partagez votre vie, le mâle supposé vous protéger des dangers de ce monde hostile (ahah), vous pose un petit bisou sur le haut de crâne avant de lâcher : « je suis claqué, je vais m’allonger un peu. Mais c’était très sympa, faudra refaire ça bientôt ! ».

L? , c’est bon, « on » peut craquer.

5 avis sur “Vieilleries – Pas craquer – Les repas de famille

  1. Neferourê août 11, 2012 22:17

    Preeeeem’s !!! yeh !

  2. Jamic (le Namoureux de Ninita) août 13, 2012 17:05

    Rhôô, ben alors, encore du recyclage ?

    (Déj? posté en ces murs le 12 novembre 2008)

  3. Faerika août 14, 2012 10:45

    J’ai l’impression que Jamic cherche la mouise ^-^

  4. Gecko667 août 14, 2012 15:35

    Avec mes plates excuses, je découvre! … Et confirme que le "on" avec ou sans marmot… ben c’est toujours la même…

  5. Pétronille août 15, 2012 12:40

    Jamic aime bien dire "ben alors, on recycle ? " sur les billets qui commencent par "bon, je préviens, je recycle". Respectons ses envies, est-ce si grave que ça ?

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