Toujours dans la même veine de : j’ai des enfants qui n’existent pas et un perroquet qui s’appelle Rex.
Vous ne savez pas trop pourquoi ça leur prend, mais un beau matin vos bouts-de-choux viennent tirer sur votre chemisier en demandant « Oh, si on invitait papi et mamie et aussi tata Mimi et oncle Tino ? » Euh… « Oui, tiens, pourquoi on ne fait pas un petit repas sympa avec toute la famille ? » renchérit Conjoint. Pourquoi ? Eh bien
Parce que « on », ça veut rarement dire Conjoint et les monstres. Cest comme « il faudrait quon emmène la voiture au garage » ou « il faudrait quon prenne rendez-vous chez le coiffeur pour Poupinette », il faut le savoir : « on », cest vous. Quand « on » demande un coup de main aux enfants et ? Conjoint pour éplucher les légumes, mettre la table ou ranger la salle ? manger, des projets urgents et prioritaires surgissent. Parce que eux, apparemment, ont des choses super importantes ? faire. Soudain, vos enfants sont très impatients de faire leurs devoirs. Quant ? Conjoint, il affirme dun air très important quil est en train de « vérifier le chose qui euh, l? dans le » et il séclipse. Voil? « on » seule avec trois kilos de patates ? gratter et lappart ? ranger.
« On » ne craque pas.
Parce quil nest écrit nulle part quon est obligé daimer sa famille. Encore moins celle de Conjoint. Et vous, les voir pour tirer les rois (soit une fois par an), ça vous suffit largement. Parce que pendant que vous suez pour monter la mayonnaise ? la fourchette (« sinon, cest moins bon », dixit votre belle-mère), et que vous aspirez frénétiquement le canapé, vous ne voyez pas vos copines préférées. Alors quelles, vous avez vraiment envie de passer du temps avec elle. On ne choisit pas sa famille, certes, mais est-on obligé de linviter ? déjeuner tous les dimanches ? Selon Conjoint, qui népluche rien : oui.
« On » ne craque pas.
Parce que vous vous pliez en quatre pour faire plaisir ? tout le monde, trouver un menu qui convienne ? chacun (mais pas le même que la dernière fois), que vous dépensez de largent, que vous mettez une jolie table. Et que les rares fois où la famille vous reçoit, vous et vos enfants, vous ne pouvez vous empêcher quils ne se sont pas foulés. On sait, cest mal. Maintenant, en plus dêtre énervée parce que cette co**erie de mayo ne monte pas, vous culpabilisez.
« On ne » craque pas.
Parce que vos petits monstres sont tout ? fait daccord pour recevoir leurs cousins (qui vont encore leur apprendre des gros mots ? faire rougir Jean-Marie Bigard), courir autour de la table en hurlant (et vous attirer toutes sortes de réflexions très agréables sur limportance de lassimilation des règles du vivre-ensemble, ce qui vous donne ? tous les coups lenvie de hurler que bien vivre ensemble, cest aussi sabstenir de réflexions désagréables sur comment les autres éduquent leurs mômes) , refuser de manger des légumes (comme ça Mamie, qui leur donne toujours raison, peut décréter que de toute façon, ce nest pas assez cuit, et personne autour de la table ne va manger les petits pois écossés avec vos douces mains). En revanche, pour ranger leur chambre et se coiffer un peu, histoire de faire propre, cest non. Du coup, quand Mamie arrive, elle est accueillie par Poupinette en larmes, échevelée et hurlante, qui se jette dans ses bras en sanglotant. Mamie vous regarde comme si vous battiez sa descendance avec un tisonnier alors que vous vouliez seulement lui faire des couettes.
« On » ne craque pas.
Parce que la seule chose dont vous avez envie, quand enfin tout est prêt, que la table est mise, que tout le monde est habillé et astiqué et prêt ? recevoir ses tantes et cousins, et que les gens arrivent (en retard, mais ce nest pas très grave, les soufflés cest meilleur plat) cest daller vous coucher. Dommage : entre lapéro et le pousse-café, vous êtes partie pour 5 heures ? servir, desservir, et resservir. Et cest sans compter la vaisselle.
« On » ne craque pas.
Quand enfin le dernier petit cousin criant « cacaaa ! Pipi proute cacaaa ! » et rigolant hystériquement est mis dehors, vous êtes prête ? abandonner votre amoureux, et la chair de votre chair, pour partir en Suède, au Brésil, en Mongolie, nimporte quel endroit où les repas de famille sont interdits par la loi. Votre dimanche était plus épuisant quune semaine de travail. Vous navez pas eu une seule minute ? vous de la journée. Vous vous êtes levée aux aurores pour aller au marché acheter des petits pois qui ont fini par terre. Votre petit dernier, ? qui Papi a eu la bonne idée de donner une gorgée de café « pour goûter », est en mode Speedy Gonzales et va courir partout jusqu? minuit. Votre aînée est malade ; merci Mamie de lui avoir resservi trois fois du Paris-Brest sous prétexte quelle est toute maigre et que ça se voit quelle ne mange pas assez. Vous êtes en train de penser sérieusement ? poster ? cette chère Mamie un tupperware de vomi praliné quand Conjoint, lhomme avec lequel vous partagez votre vie, le mâle supposé vous protéger des dangers de ce monde hostile (ahah), vous pose un petit bisou sur le haut de crâne avant de lâcher : « je suis claqué, je vais mallonger un peu. Mais cétait très sympa, faudra refaire ça bientôt ! ».
L? , cest bon, « on » peut craquer.
Preeeeem’s !!! yeh !
Rhôô, ben alors, encore du recyclage ?
(Déj? posté en ces murs le 12 novembre 2008)
J’ai l’impression que Jamic cherche la mouise ^-^
Avec mes plates excuses, je découvre! … Et confirme que le "on" avec ou sans marmot… ben c’est toujours la même…
Jamic aime bien dire "ben alors, on recycle ? " sur les billets qui commencent par "bon, je préviens, je recycle". Respectons ses envies, est-ce si grave que ça ?