Des fois j’oublie, je largue, je me largue, je me convaincs que rien n’a d’importance -surtout pas moi, surtout pas pour les gens. Je passe des minutes ou des années à pleurer dedans, à geindre comme une gamine, à chouiner, à pigner, parce que je n’ai pas ce que je veux, exactement comme je veux, pile au moment où je veux.
C’est du boulot tout ça.
La vie, les autres, moi. Je suis du boulot.
Des fois l’embellie me surprend au détour d’un rien, soudain le poids s’évanouit, les mâchoires qui me grignotent le coeur et l’orgueil s’arrêtent, finalement je me dis oui, rien n’est jamais comme je veux, c’est dur, c’est long, on prend cher, je prends cher, et surtout, qu’est-ce que je fais chier, mais quand même, ça va.
Quand même, certains sourires m’allègent, peut-être que je n’aurai jamais ce que je veux, mais comme de toute façon je ne suis jamais certaine de ce que je veux, quelle importance ?
Des fois on me dit « c’est une belle histoire, ce que vous vivez là « , et oui, c’est vrai, c’est une belle histoire.
Pas toujours comme je voudrais, pas toujours d’une manière qui rassasie ma faim, mais c’est une belle histoire -inespérée pour quelqu’un comme moi qui n’a jamais aussi faim que quand elle n’a pas le droit de goûter, quand c’est l’assiette du voisin, quand c’est à la carte et qu’on sert que le menu.
Juste un peu. Là. Non. Je voulais l’autre bout. Celui qu’on a servi à quelqu’un d’autre.
Je suis du boulot.
Et je goûterais bien ce truc, là, sur la table d’à-côté.
Preum’s !!!
non je suis pas morte…
Moi je dis,
allons gouter le Banyuls dans le verre d’? coté ma chère !
Aller pleins des bizooos Mwa Mwa
Des fois, c’est clair que les belles histoires on aimerait qu’elles soient encore plus belles, voire moches, si moche veut dire goûter le morceau de bidoche qui étincelle au loin dans l’assiette du voisin (qui bave ? chaque bouchée dans sa serviette, va aux chiottes sans se laver les mains, et mange avec les doigts après avoir roulé une bonne vieille crotte de nez qu’il a prejeté dans le pot de bégonias!) et s’en coller plein les papilles, jusqu’aux oreilles.
Y a des gens qui sont du boulot passionnant, et ceux qui sont de la fumisterie de plage ? attraper un bon coup de soleil!
L’autre jour, j’ai dit ? ma cousine anglaise que je rêvais de venir vivre en Angleterre avec elle avant de finir par cette phrase : "But, well, the grass is always greener…".
A quoi elle m’a répondu :
"Of course the grass is greener in England ! It RAINS all the time !"
Voil? . C’est tout.
Je croyais que vous alliez parler de comment interpréter qu’un physicien des particules marié pique des frites dans votre assiette entre deux clins d’ils.
Ce qui est exactement ce dont vous parlez, en fait.