Je suis allée dans une soirée-fachion.
Elle avait lieu dans les locaux d’un magazine -que j’ai feuilleté par politesse désuvrement curioristé sans bien en comprendre l’intérêt la ligne éditoriale l’angle d’analyse. (Oui, je viens de me souvenir comment on faisait l’effet barré. Et oui, j’essaye d’être polie. Quand on m’emmène dans un endroit et que j’accepte, je suis polie).
Ce qui est, maintenant que j’y pense, une énorme progression par rapport ? toutes ces années où on me forçait ? aller dans des endroits où je passais la soirée ? geindre.
Et, si je dois être tout ? fait honnête, toutes ces années où j’acceptais de sortir uniquement pour pouvoir me plaindre.
En fait, maintenant que j’y pense, cette période n’est pas vraiment finie et je me demande bien ce qui m’a pris d’être polie.
Ah si, je faisais le +1.
Petite parenthèse : qu’est-ce que le « +1″ ?
C’est quand tu accompagnes quelqu’un quelque part (et pas ta mère chez Franprix, quoique, si ça se trouve, ça compte aussi).
Parfois, tu fais le « +1″ pour quelqu’un de sexe opposé.
Comme ça, quand il drague avec son organe génital convexe, ta présence est supposée rassurer les autres filles sur le fait que le garçon pour lequel tu fais le « +1″ n’est pas un psychopathe qui va les ramener chez lui pour les congeler d’abord et leur faire l’amour sauvagement ensuite.
Quand tu fais le « +1″ pour quelqu’un du même sexe que toi, déj? , tu as toujours au fond de toi la crainte d’être l? pour faire la copine moche (ce qui bien sûr ne m’arrive jamais parce que je suis sublime, et que si le doute commence ? s’insinuer je détache mes cheveux de catin et je pose mes seins sur la table) ; ensuite, il peut arriver que la copine-fille ait l’intention de rencontrer quelqu’un (= fréquenter dans un placard) et que tu doives rentrer seule et imbibée alors qu’elle avait juré sur la tête de son poney que tu pourrais aller t’écrouler chez elle une fois tout le rosé fini (le rosé, contrairement ? ce qu’on pourrait croire, c’est souvent ce qui reste ? la fin, ça et le curaçao) ; ou alors, et c’est de loin le pire, qu’elle te présente quelqu’un.
Nom de Zeus.
C’est d’ailleurs ce qui s’est passé. Lors d’un échange sublime qui pourrait se résumer ainsi :
Copine : Pétronille, je te présente Jean-Kévin. Jean-Kévin est commercial, mais c’est par vocation parce qu’il a une formation de financier, il porte des chaussures pointues et une chemise parme et est sorti ce soir chercher de la chatte fraîche.
Pétronille : … enchantée. (Puisque je vous dis que j’ai été POLIE).
Copine : Jean-Kévin, je te présente Pétronille, qui travaille dans une des branches les plus chiantes du web par non-vocation et a pour passion de dire du mal des commerciaux et de se moquer des chemises parmes. (J’ai eu peur un instant qu’elle rajoute : « en ce moment elle est d’une humeur de merde et elle est pas épilée, et si tu essayes de la toucher elle va sans doute t’arracher la main » mais elle aussi elle est polie).
Jean-Kévin : … enchanté.
Copine : Bon, je vous laisse discuter, je suis sûre que vous avez plein de choses ? vous dire.
Tu m’étonnes, ça a pas loupé. Heureusement qu’elle ne sait pas ce qu’on s’est dit.
L? -dessus, elle est partie en sautillant, très fière d’avoir ainsi pu donner naissance ? une belle histoire potentielle ; moi j’ai essayé de me souvenir quand est-ce qu’elle avait pu prendre de la drogue, alors que je l’avais surveillée tout le temps, ce qui aurait au moins justifié son idée pourrie ; et je vous passe la conversation avec jean-Kévin puisqu’on a tenu ? peu près 43 secondes avant de s’insulter (poliment).
Donc, j’étais dans une soirée-fachion, chargée d’entertainer un Jean-Kévin certes imbitable, mais dont la perplexité palpable laissait ? entendre qu’il avait lui aussi perçu l’incongruité de cette association forcée, et je me suis dit, bon, observe bien, au moins, ça te fera des choses ? raconter sur ton beau Beulogue qui part ? vau l’eau avec l’eau du bain ou un truc du genre.
Donc, suite ? ce qui sera sans doute ici la plus longue introduction ? une Liste de l’Enfer, je vous explique comment reconnaître une soirée-fachion.
- Bon, déj? , c’est genre vers Bourse avec un code postal en 002. Bien (c’est un bon indice). Les soirées-fachion ont rarement lieu au Balto de gare du Nord, quoiqu’il faut se méfier, parce que pas loin de moi il y avait justement une fille qui expliquait que la veille elle était au café de la République ? Saint-Ouen pour un vernissâââge et que c’était hyper-typhhhhique.
- Ensuite, tous les gens avaient un capillariat
contrariécontrariantaléatoirebon je laisse tomber la politesse : ils étaient tous coiffés comme des merdes. C’est te dire, j’étais presque contente que jean-Kévin (que j’étais quand même obligée de regarder de temps ? autre vu qu’on était en train de s’engueuler) porte une casquette molle. - Il fallait apporter du champagne. J’avais apporté du champagne. J’en ai bu un verre. Ensuite, non seulement le reste a été bu par des connards avec des frisures que d’un côté et l’autre côté rasé, mais quand j’ai tendu mon verre on m’a traitée d’alcoolique -je vous jure.
- Il y avait de la musique ingérable. C’est-? -dire, même pas le moment où on te met une sorte de remix trendy d’Earth Wind and Fire « parce que je les ai vus en showcase privé et c’était hyper sympâââh » -tu m’étonnes, connasse- et où tu arrives ? reconnaître au moins un peu.
- Les gens dansaient quand même, mais -et pourtant tu sais que je suis une grand observatrice des gens qui dansent, Galaxie- d’une manière que je n’avais jamais, jamais vue (et qui m’a fait réaliser ? quel point ma vie a été protégée et exempte de traumatismes sérieux jusqu’ici). Par exemple, en ne remuant qu’un pied, et avec une pochette king-size calée sous l’aisselle (il paraît que c’est le truc cette saison, la pochette king-size, mais bon en même temps peut-être que c’est déj? after vu que c’était before jusqu’? ce que tout le monde fasse pareil ? En même temps l? c’était un garçon alors peut-être que c’est encore before pour les garçons ? Les filles avaient toutes un casque de scooter qu’elles portaient un peu comme des sacs ? mains (si ça se trouve, j’ai pas osé demander, c’étaient leurs sacs ? main).
- Il y avait du pain Poilâne mais rien ? mettre dessus.
- Les gens fumaient tous des petites cigarettes très fines (ou alors c’étaient des pailles ? cokes, franchement j’espère, parce que ce serait moins ridicule).
- Ils souriaient, mais bizarre, en grimaçant un peu (je crois qu’ils essayaient de se retenir, parce que sourire c’est vachement after en fait.)
- Quand ils arrêtaient de regarder leur reflet dans les coupes en plastique, il disaient des choses comme « ostentatoire » ; « hyper-déj? -visité » et « ordinaire ».
- Ils guettaient tous leur(s) smartphone(s) (alors que ça captait pas) et parlaient tous de l? où ils iraient après (s’ils s’emmerdaient tant que ça, ils pouvaient y aller hein, au lieu de boire mon champagne).
- Et le dernier signe que tout ça était une soirée-fachion (bien trop fachion pour moi, pour tout dire), c’est que quand Jean-Kévin m’a dit « on bon se casse ? » et m’a emmenée ? une soirée molle chez ses anciens potes de lycée où j’ai écouté Real2Real en buvant de la bière chaude et en disant du mal des absents (que j’avais jamais vus mais c’est mon super-pouvoir, je peux dire du mal d’absolument tout le monde), j’ai salement kiffé ma race.
Krunch !!!!
OMG ! il est temps de retourner aux fourneaux imperatrice, je crois que cela vaut mieux pour vous!
Votre vie a l’air génialissime vous ne savez pas ? quel point je vous envie Impératrice, moi misérable petite vermicelle ? côté de vous…
preum’s ! YES – mais vive la soirée fachion qui nous vaut ce long post delicieusement langue de pute
alors, Jean-Kev a conclu ?
J’allais poser la même question huhu ^^
Je vais a un mariage demain, j’aimerais bien que vous veniez m’aider ? me moquer. Bonne nouvelle: le marié s’appele vraiment Kevin.
Ben voila ça m’a fait reécouté real2real …………snif……. (ouais j’ai retenu que ça mais je relis demain matin quand j’ai mon cerveau)
Nom mais en canadie, même les chinois s’appellent Kévin.
Faisez gaffe au pouvoir d’insinuation diabolique du parme impératrice, c’est comme le zombisme, c’est hyper contagieux!
ça me fait penser que la semaine dernière en passant en coup de vent dans Paris pour une journée avec CholiPapillon, son ex-femme et le nouveau mari de son ex-femme, le chauffeur de taxi nous a dit : "En plus c’est tout bouché ? cause de la fashion week."
Ex femme (qui est portant grande lectrice de magazines people) a dit : "C’est quoi la facheunewique ?
J’ai dis : "La semaine de la mode."
Ex-femme : Ah ! Il peuvent pas appeler ça la semaine de la mode, ces cons ?"
J’ai dis : "Dieu que tu es provinciale, la (douze guillemets en l’air) semaine de la mode (douze guillemets en l’air) c’est teeeeeeellement after ! Sooooo 2006 ! Tu es insortable."
Et on a bien rigolé parce que (ouf) Ex-femme a de l’humour.
non mais attadez ! Impératrice si vous vouliez faire de l’ethnologie de soirée fallait me dire !!! y’avait une soirée dans mon école du mal absolu samedi dernier, z’auriez pu dire du mal de moult moult moult gens !
Je suis super galoux mais merveilleusement heureux pour vous. Un jour je trouverai ma Jeanne-Kevina aussi et elle portera des gros pulls tombants sur des collants très esperluetesque. ?
Ah ma chère impératrice,je vous aime tellement quand vous languedeputez. Vous avez du bien rigoler quand même. Mais moi j’aimerais bien savoir ce qu’il s’est dit entre Jean-Kévin et vous??? La suite, la suite…
Tout ceci me rappelle la fois où je suis allée ? une avant-première d’un film indépendant ? Los Angeles. J’étais la +1 d’un ami du réalisateur (tout le monde pensait que j’étais sa meuf, alors qu’en fait on était juste accrochés l’un ? l’autre de trouille de se retrouver tous seuls au milieu de ces… gens), personne m’avait dit qu’il fallait venir en talons improbables, tatouages et jupe-ceinture, et j’étais la seule nana ? ne rien avoir ? faire avec le milieu du cinéma (au bout de dix minutes j’ai commencé ? envisager de répondre « tueuse ? gage » plutôt que « doctorante en informatique » quand on me demandait ce que je faisais de ma vie, vu que ça serait certainement mieux passé.) J’ai été tellement traumatisée que j’ai même pas réussi ? vraiment bloguer le truc.
Hyper-typhique ? Elle voulait dire qu’elle avait chopé des maladies ?
Le truc bien avec vous Impératrice, c’est que vous allez ? des soirées improbables pour me faire rire, alors que j’ai un genou pété et que je peux pas sortir en ce moment. Vous n’êtes qu’abnégation et je vous loue.
Méfiez-vous du Jean Kévin inconnu quand même : c’est pas parce qu’il a une chemise parme qu’on ne risque pas, si on le suit chez lui, de se faire découper en morceaux ou PIRE de devoir subir sa passion pour le banjo.
Pour un Jean-Kevin en chemise parme il m’a l’air tout ? fait charmant ce jeune homme. Si ça se trouve il a fait exprès de mettre sa seule chemise parme juste pour être d’aussi mauvais goût que le reste de la population.
En plus, le mec qui t’invite dans un endroit potable alors que vous avez passé 99,9% du temps commun ? vous insulter poliment je trouve que c’est la classe intersidérale.
Raph > Jean-Kévin ? Et puis quoi encore ?
Sérieusement, les gens, arrêtez de croire tout ce que vous lisez sur le ouèbe.
Après je suis rentrée au QG récupérer mon manager ? tête carrée.
Jean-Kévin, non, mais, sérieux, quoi.
Le + 1 de quelqu’un est toujours un art délicat : soit vous vous emm…. sérieux et ça se voit comme une anchois sur une tarte au citron, soit vous briller trop fort que ça jette dans l’ombre "l’inviteur" qui fait la gueule.
Le plus mieux bien, c’est d’être la +1 d’un ami homo qui ne s’en cache pas mais qui ne peut pas venir accompagné par son mec.
Des situations délicieuses de quiproquos qui mettent les gens mal ? l’aise. J’ADORE !!!
Ahlalala, quel merveilleux souvenir (j’en rigole encore)
J’espère que la casquette était une Ed Hardy, sinon Jean-Kev ne mérite pas son prénom.
si ils parlent, boivent, mangent, fument et dansent comme ça… comment baisent-ils me demande-je ? (if you’ll pardon my french)
Impératrice, je fais encore du hors-sujet, plateuh-plates excuses, mais regarde ce que j’ai trouvé: http://www.youtube.com/watch?v=7...
Tu pourrais en faire une bonne anylise clipesque, non? (ou pas hein, tu es la seule juge sur ce blog). Non, il ne se passe strictement rien dans ce clip. Mais il y a plein de petits détails incongrus, ce qui fait qu’il est très bizarre. (Et suédois, ce qui explique pas mal de choses.)
Et question existentielle: c’est quoi du pain Poilâne?
(et je déteste quand tu dis nom de Zeus. ça me rappelle mon prof d’italien, le mec le plus con, le plus horrible le plus rhaaaa que j’ai jamais rencontré. Eh, mais si ça se trouve, TU ES MON PROF D’ITALIEN?) (ah non, lui il n’avait pas d’humour. Ouf, j’ai eu peur.)
Question sûrement conneuh-conne: tu es dans quelle ville pétroniche?