Ce soir, il y a des gens qui hurlent « PARIS !!! » et « ALLEZ » et « OUAIS » avec cette espèce d’intonation montante, vaguement interrogative.
(Du coup j’ai très envie de répondre : « non »).
Le souci, c’est qu’il est 19h, qu’ils sont bourrés et du coup, ils expliquent tout. Notamment, ils expliquent que c’est l’anniversaire de l’un deux (qui est brun et qui a un bouc qui vient direct par navette spacialio-temporelle de 1999).
Donc en gros, nous avons une bande de types en goguette ravis d’être à PARIS OUAIS.
Bien.
Hashtag ville-lumière, quoi.
Le truc, c’est qu’ils crient et que ça résonne. Le truc, c’est que je suis descendue acheter un apéro, et que quand je suis sortie du Leader Price (où je n’ai pas vu les Lendemains Bio depuis très longtemps, c’est terrible, j’ai peur que cette histoire soit condamnée pour le toujours), ils disaient PARIS OUAIS et j’ai sursauté. Je suis tellement habituée à ce que les explosions dans la rue soient le signe d’un danger ou d’une agressivité potentiellement dirigée sur mon cul (au propre comme au figuré) que la joie est devenue une menace.
Souvent, cette ville me rend complètement paranoïaque. J’ai l’impression que ça ne se fait pas d’en parler ; tout le monde dit que ça bouge, que c’est vivant, et c’est vrai -je vais faire quoi, militer pour un décret-patins-chaussons-sourdine pour tout le monde à partir de 19h30 ? Non, parce qu’en plus, quand moi je suis dans la rue à 3h du matin à chanter la pub pour l’Eurostar (Wilkommer-bienvenue-ouellkoooom), ça m’arrange bien, le hashtag-ville-lumière.
C’est le charme deuw gay paree (j’ai copine-Cristiana-Reali qui est venue passer un week-end à Paris pour me voir ; un type lui a soufflé dessus dans le métro. J’étais assez soulagée ; ça me semble un tribut assez raisonnable à payer pour 3 jours d’allées-venues. Mais en même temps elle m’a demandé : - »mais pourquoi un type viendrait me souffler dessus dans le métro ? » et à part « aucune idée, mais tu n’as pas 11 ans et il ne t’a pas foutu sa bite dans le nez, j’ai envie de dire que tu t’en sors bien », je n’avais pas de réponse).
Mais il y a cet autre monde qui affleure, ce moment où ça dégénère, cette violence qui prend naissance au cœur même de la vie. J’ai l’impression que c’est inhérent à la ville, à la concentration, à la nature humaine.
C’est ce qui fait que j’ai tendance à accrocher avec des gens qui ne portent pas de patins quand ils rentrent chez eux à 19h30. C’est aussi ce qui fait qu’il faut une putain d’armure pour pousser la porte de chez soi et marcher dans la rue, et des fois, j’admets, j’ai pas l’énergie.
Malheureusement/heureusement, je ne peux pas passer mes journées en pyjamou à regarder The Wire et Idris « Touchette » Elba. Alors je mets des chaussettes, des chaussures et mon armure, et j’y vais.
Willommen, bienvenue, ouelkomme.
Le pyjamou, c’est fait du bien de le retrouver quand on rentre et qu’on enlève enfin la p** d’armure… ^^
preum’s !
Je pense aussi ça, hein, les villes et la concentration humaine, je déteste. Mais le problème, c’est que à la campagne il y a :
1) des araignées,
2) des chasseurs.
Je voudrais bien résoudre ce problème.
Ah, pardon, il semblerait que j’ai squizzé un preums.
Ou alors, on sort tous en pyjamou.
Moi, j’arrive plus a enlever mon armure, du coup.
Heureusement, mes petits me pardonnent.
Sortir en pyjamou, c’est pas l’astuce suprême de ceux qui sortent tout le temps en jogging, finalement ?
Du coup, tous sortir en pyjamou, ça me tente moyen
Je suis amoureux de Cristina Reali, alors vous voyez, ca le fait moyen, quoi.
(Et non, je refuse qu’on dise que j’ai loupé le message fondamental de ce post juste parce que j’ose avouer que Cristina Reali, quand meme!)
Je suis bien dans ma banlieue pleine de gamins qui te tiennent la porte en souriant.
Faut déménager dans une campagne quelconque, où ils font du fromage et du paté et du saucisson!
(du coup ça marche pour toutes les campagnes)
Pas quelconque la campagne, s’il vous plait …
Z’ont toutes leurs charmes différents et les pâtés/fromages/saucissons c’est pas partout pareils (sans oublier le jaja pour arroser).
Ce qui fait les charmes DES campagnes … c’est quoi une armure ?
Kewl ici en banlieue pas toute proche on a à la fois le charme des wesh merco avec du rap à fond ET le matin on se fait reveiller par un ane qui brait.
Le choc des cultures et des civilisations et tout et tout .Okay je vais dormir.
j’ai peut être été squizzé mais … je plussoie l’intérêt du pyjamou : j’aime tous me spyjamous d’amour alors j’aimerai les porter touzours touzours (mais pas dans le métro kipu pas par convention mais parce qu’alors il faudrait le laver tellement pour le débarasser de la crasse qu’il serait tout abimé…)
N’oublions pas les chaussettes en bouclettes avec les petits coussinets anti-dérapant.
Je HAIS la foule (stadire, plus de 3 personnes)