Anne m’a demandé sur Facebook de la hier alors que nous battions le pavé avec ravissement (il faisait beau, les pancartes étaient LOL, on avait l’impression d’être déjà la saison des manifs de printemps et on se gaussait des touristes qui disaient en 27 langues différentes « putain, c’est vrai, ils passent leur temps à râler, et comment on va faire des photos devant leu tour eyffeyl, alors ? « .)
Krazy Kitty a réfléchi (jveux pas me la péter, mais j’ai des potes hyper intelligents), et elle m’a dit « ben, essayez de lui répondre « bite », pour voir ? »
(oui on se vouvoie)(on est polies)
A tout seigneur tout honneur, c’est vrai, elle a raison : j’aurais dû. Le manque d’Internet, en plus de me laisser davantage de temps pour ranger ma tête et m’éviter les photos de profil-couples et les histoire sur des gens qui écrasent des chatons exprès (en vrai), m’a ôté mes réflexes.
Bite ?
En vrai, non.
En surfant sur cette vague de bonne ambiance, la semaine passée, une poignée de députés ont proposé le déremboursement de l’avortement, ici, en France.
Ahahah !
(Oui, non, j’essaye la méthode Coué, mais en vrai je ne me marre toujours pas).
Ensuite, quand quelqu’un a eu l’initiative de leur faire remarquer que ça ne passerait jamais et de demander s’ils n’avaient rien de mieux à faire (genre, je sais pas, des biscuits au gras ou du triathlon), ils ont répondu que c’était juste pour faire réagir.
Ouiouioui, les gars, on a réagi. On a eu la chair de poule jusqu’à l’intérieur du bide. Ça a fait des nœuds de panique. Et moi, j’ai eu peur.
Et même en essayant de dépasser les idées reçues sexistes et lolilol, même en côtoyant au quotidien des hommes qui écoutent, qui discutent, qui trouvent anormal qu’on se branle sur moi dans le métro à 8h du mat, qui sont dans des relations respectueuses avec les femmes de leur vie, qu’elles soient amicales ou amoureuses ; je crois qu’il y a une chose que très peu d’hommes peuvent spontanément comprendre. C’est la peur.
La peur que quelqu’un d’autre prenne possession de notre corps. Pas dans l’abandon, dans le plaisir, dans le don, ou même la soumission volontaire -pourquoi pas ?
Je n’ai pas eu à me faire avorter. J’ai pris la pilule du lendemain, 4 fois. Je suis à un moment de ma vie où je suis sur la pointe des pieds, en équilibre, entre le moment où j’ai peur de tomber enceinte et le moment où j’ai peur de ne jamais tomber enceinte. Mais des amies proches m’ont raconté. Certaines l’ont fait parce qu’elles étaient trop jeunes pour envisager d’être parent. D’autres parce que le géniteur était incapable d’assumer quoi que ce soit. Entre autres. Toutes ont leurs raisons, certaines culpabilisent et souffrent, d’autres pas, ou moins. Je n’ai pas de jugement là-dessus.
Parce que j’estime que personne n’a de jugement à formuler sur ce que les autres font de leur corps.
Je n’ai pas eu à avorter, mais l’idée que quelque part, dans une pièce aux lambris mordorés ou un hangar pourri (parce que certains l’ont déjà souligné, finalement, les commentaires énervants sur le mariage pour tous et l’IVG, c’est un peu L’amicale Internationale des gens qui ferait mieux de se mettre au triathlon, putain), d’autres personnes puissent débattre de ce que moi j’ai le droit ou pas de faire de mon corps me hérisse.
Je ne suis absolument pas en train de clamer que discuter mon droit à l’avortement, ou faire une proposition de loi qui complique encore davantage mon accès à ce droit, c’est me violer. Je ne sais même pas pourquoi je précise ça… Si, je sais : parce que depuis que je sais qu’avec un sms de merde qui explique qu’on va distribuer des bites en peluche à des gamins de maternelle pour les entrainer à se masturber tout en changeant de sexe (sérieusement, les gars ? Sérieusement ?), je me dis qu’il faut peut-être préciser. (Fait chier)
Ce que je revendique, c’est davantage de triathlon pour tous ces gens qui aiment à nous rappeler que la peur peut nous saisir le ventre à tout moment. Et la conscience que l’histoire de la femme est pavée de possession et de revendications de propriété. Mais pas par les bonnes personnes.
Alors oui, quand une bande de glandus s’est dit que le timing était idéal pour rendre encore plus compliqué l’avortement (vous pensez que c’est simple ? Vous pensez que « l’avortement de confort » existe ? Vous n’êtes pas au bon endroit. Partez ailleurs sur le Internet, il est vaste)… Oui, j’ai réagi. J’ai réagi de la même manière que j’ai réagi à chaque fois que mon corps est devenu la prérogative de quelqu’un d’autre, quelqu’un à qui je n’avais pas donné l’autorisation de réclamer quoi que ce soit. J’ai eu peur. Et je suis bien consciente que ce n’est pas le meilleur endroit où dépenser mon énergie. Je sais que tout autour de ça le monde s’effrite.
Mais bordel.
Arrêtez. Arrêtez, merde. L’autre, là, sur son banc, qu’elle mange un Kinder et qu’elle retourne chez elle enseigner à ses filles qu’elles sont inférieures à leurs frères, si ça l’amuse. Parce que personne ne va aller s’incruster chez elle pour lui dire qu’elle suppure de la merde d’un autre siècle par tous les pores du serre-tête. On continue à faire ce qu’on veut de nos enfants -sauf si on est pédégouine, bien sûr.
Mais étrangement, ceux qui poussent des cris d’orfraie sont rarement dans ce cas. Non, ils sont à l’aise, propres et blancs, bien rangé dans leur case de norme, et l’idée qu’un courant d’air puisse agiter leur monde leur est insupportable. Ce n’est pas à eux qu’on va retirer leurs mômes.
Mais qu’ils s’occupent de leur propre cul.
La peur, les mecs. La peur que cette enveloppe qui te porte, qui t’abrite, qui suscite le dédain ou l’envie, cette peau qui te tient droite et t’emmène ; soit à la merci de quelqu’un d’autre. Lequel d’entre vous connaît ce frisson glacé qui nous parcourt quand nous prenons conscience que nous n’avons plus notre mot à dire, qu’on peut nous déchirer, nous salir, nous écorcher ?
Taisez-vous.
Dimanche, une pancarte disait : « Mon corps. Mes droits. Ta gueule. »
Ta gueule.
(Désolée, Anne, du coup c’est pas drôle)
Je l’ai fait. Parce que mon mec de l’époque et moi n’avions pas les moyens financiers de poursuivre la grossesse (c’est pas donné sans tiers payant) et encore moins ceux d’elever le môme derrière.
C’est parce que j’ai avorté à l’époque que je peux aujourd’hui être enceinte de Jamic sans flipper en mode « comment je vais payer les échos » « où on va foutre ce gosse ? » « J’vais devoir accoucher dans la rue ou quoi ? » et que mon ex peut être à l’autre bout du monde, tout heureux après son mariage d’il y a trois jours.
AUCUN REGRET BORDEL. ZERO.
(oh, oui, on l’avait pas dit ici encore. J’ai un gigot au four :D)
Je ne l’ai pas fait, mais la question s’est déjà posée 3 fois. Je prends la pilule, tous les jours à heure fixe. Je suis en couple depuis longtemps, à force on ne met plus de préservatif (c’est bien à court terme, mais ça coute très cher une capote…).
Si je tombe enceinte, je dois arrêter mes études, et je serais laissée dans la perspective de vivre de l’aide sociale et d’élever un enfant dans la pauvreté. Mon mec n’a pas de travail (pas encore, mais on est à l’âge où c’est normal, on cherche).
J’ai des projets en tête, je ne veux pas faire un jour sentir à mon enfant que sa naissance m’a empêché d’y arriver. Je ne suis même pas sûre d’un vouloir un, un jour.
Alors, savoir que si un accident arrivait, je pourrais avorter, c’est rassurant. ce ne serait pas un avortement de confort (comment on peut penser que ça existe?), ce serait un avortement pour éviter à 3 personnes de souffrir pendant les 60-80 années à venir.
On a le droit d’etre un homme blanc a l’aise et propre tout ca tout ca et d’avoir envie de dire « ta gueule » avec vous? Si possible en leur martyrisant le foie a coup de poing jusqu’a ce qu’ils vomissent leurs tripes? Comme ca, juste pour les « faire reagir »…
Merci Madame !
cette connerie ambiante est invraisemblable, ça dépasse l’entendement.
J’ai lu une pancarte à une manif anti IVG qui disait « faudra-t-il aller en Espagne pour le garder ? ». Il n’y a rien a répondre à quelque chose d’aussi stupide.
(« suppurer de la merde d’un autre siècle par tous les pores de son serre-tête » ça m’a un peu fait rigoler quand même)
Ah ben voila je venais de me calmer après avoir vu une reportage sur la manif tralala mais non ….
Ce qui me dégoute le plus ce sont les personnes qui appellent ça l’ « IVG de confort » . Genre c’est un moyen de contraception comme un autre . Je ne me suis jamais fait avorter mais pour avoir tenu dans mes bras une amie en pleurs dans l’ascenseur de l’hopital je peux pas comprendre le « confort » de l’IVG . Pour certaines personnes apparemment ça serait comme prendre une pilule allez hop ! abracadabra c’est facile ! Et c’est le dernier moyen de pouvoir choisir c’est pas une « facilité » ou un truc anodin. Mais merde on le mérite non ce choix ?
Bref … merde crotte et …. okay j’arrêtes ….
Je suis pro-IVG, pro-gratuité du truc mais il y’a un autre truc auquel on ne pense pas assez : Je suis également pro-meilleure information, pro-accompagnement, pro-soutien psychologique.
Je travaille en gynéco-maternité-pédiatrie. Une IVG n’est jamais anodine et malheureusement, j’ai moi-même vu trop de personnes pour qui l’IVG n’est qu’un moyen de contraception, comme cette femme qui fait des IVG à tour de bras parce que « le préservatif diminue les sensations » o_O. La gratuité de l’IVG, je me battrais pour qu’on ne l’annule pas, mais j’ai bien envie de me battre aussi pour que ça ne reste pas qu’une petite note dans un coin d’agenda.
Je sais parfaitement que beaucoup de personnes ne souhaitent qu’une chose après une IVG, c’est de l’oublier, le plus vite et le plus simplement possible, et qu’un suivi psy serait contraire à cet objectif. Mais on oublie jamais une IVG.
Je ne sais pas si mon point de vue est clair.
L’IVG, est soit descendue soit enscensée, on la voit rarement dans son intégralité : une décision à prendre en toute lucidité et en toute connaissance de cause, qui comporte des risques médicaux et psychologiques.
Une femme doit avoir le droit de prendre cette décision, bien sûr, et elle doit le faire en comprenant l’importance de son geste et des suites. Une telle femme ne doit pas être jugée mais épaulée.
Beaucoup prétendent « s’en foutre », d’autre aussi attestent qu’elle l’ont accepté, mais dans une majorité des cas, c’est un auto-mensonge.
Juste une réponse à Fearika :
Sans vouloir être agressive ou fermée, je tiens à te signaler que les gens qui prétendent savoir mieux que moi ce que je ressens, ai ressenti ou vais ressentir, c’est insuportable (du genre qui donne envie de baffer, fort)
Je me souviendrais toute ma vie des vannes pourries de mon prof d’éco-droit de terminale, c’est pas pour autant qu’elles m’ont traumatisées.
(et puis le coup des nanas qui se servent d’IVG comme de contraception, j’en ai beaucoup entendu parler, mais jamais rencontré. Par contre, je connais la fille d’une femme qui a pratiqué l’abandon systématique comme méthode de contraception. Dans la catégorie « acte qui a des conséquences », ça se pose un peu plus, non ?)
Oui pour ne pas imposer une culpabilité projetée sur les femmes qui n’en ressentent pas (voir aussi l’initiative « Je vais bien merci »).
Sur l’avortement de confort, j’ai un lien à montrer, mais je ne le retrouve pas…
Maintenant, moi je dois aussi admettre qu’à 15 ans je connaissais par amis interposés une nana qui en était à sa 3è IVG parce que son mec n’aimait pas les capotes (… oui non j’ai rien à ajouter en fait). Elle était très amoureuse, mais j’admets, elle était aussi un peu con.
Ouais bon…
Si on se faisait pas regarder de travers par le gynécon (ou la gynéconne, pas de sexisme) à qui on vient demander une pilule du lendemain (« Et faites attention la prochaine fois, hein!!! »)
Si les mêmes gynécon-ne-s voulaient bien sortir de « la pilule ou rien »…
Si les gynécos un peu moins cons prenaient le temps d’informer, de poser des questions à leur patiente avant de les faire s’allonger les-pieds-dans-les-étriers-attention-c’est-un-peu-froid-détendez-vous-un-peu…
Bref, si les gynécos nous prenaient pour des êtres humains doués de raison et de sentiments plutôt que pour des gamines-crétines-qui-ont-qu’à-pas-baiser…
Ca serait pas pire, je crois…
Merci Impératrice. Peut être ferai-je une réponse plus complète (ou pas, non verrons) mais je tenais à dire merci pour cet article. Parce que moi aussi j’ai peur quand j’entends ça
« Mon corps. Mes droits. Ta gueule. » j’adore absolument !
Je comptais pas laisser de commentaire, en fait (je lis, mais j’en laisse pas forcément), mais la lecture de celui de Faerika m’a cabré d’indignation. Ninita a très bien répondu. C’est hyper condescendant et hyper faux de vouloir nous faire avaler de force un sentiment de culpabilité qu’on ne ressent pas. J’ai avorté à 20 ans, je ne voulais pas d’enfant, et surtout pas avec ce garçon-là ; je n’en ai pas ressenti de culpabilité et toujours pas toutes ces années après. C’est une évidence tellement énorme, qu’il n’y a pas eu de culpabilité, que je n’aurais pas cru devoir un jour l’écrire ! Et qu’on vienne me dire « Naan mais tu le sais pas, mais tu culpabilise, en fait », c’est simplement con.
Je n’ai pas pu manifester. Mais je suis contente de voir qu’ici au moins, on dit les choses comme elles sont: « Mon corps. Mes droits. Ta gueule » Voilà!
Ma grand-mère (qui a il est vrai un « sacré caractère) m’a parfois raconté ses avortements. Qu’elle se faisait elle-même, généralement dans la cuisine.
Alors ça me fait bien rire quand j’entends dire qu’il faut interdire l’avortement. L’interdire?! mais y’en a toujours eu et y’en aura toujours!! Le principe c’est juste que l’on donne la possibilité aux femmes de le faire dans un milieu hospitalier qui garanti leur sécurité au cours de l’opération. C’est tout, c’est humain et je vois pas ce qu’on peut y opposer.
Après rien n’empêcherait pas exemple de prévoir un système d’ »alerte » dans les cas de multi-avortements. Ne serait-ce que parce que ce recours systématique traduit, au mieux un manque d’information notoire, au pire peut-être une situation familiale dangereuse (on lui laisse pas le choix.
Je savais bien que j’allais me faire huer. Je m’excuse de la liberté que j’ai prise dans mon commentaire. Ce sujet me tiens à coeur, je ne voulais blesser personne, j’ai un avis, j’ai voulu le partager.
Je ne suis pas le genre de douaigne à forcer les gens à la honte et à la culpabilité, je suis plutôt du genre à les laisser s’occuper de leurs affaires.
Il m’est bien sûr arrivé de juger totalement arbitrairement des patientes (en particulier celle citée plus haut, avec son refus des préservatifs) mais je n’ai jamais mis en doute leur décision ou tenté, comme on m’a conseillé un jour avec un abject clignement de l’oeil, de « leur faire entendre raison ». Chaque femme qui prend rendez-vous pour un IVG a suivi un cheminement qui lui est propre et dont elle seule a le contrôle. Ce n’est certainement pas à moi d’en modifier le tracé.
J’en suis consciente.
J’ai parlé d’une majorité dans laquelle vous ne vous reconnaissez pas, et j’en suis ravie. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle est inexistante. Je ne parlais pas non plus d’une obligation de traitement pour toutes, mais d’un plus large éventail d’aide disponible pour celles qui en ont besoin.
Depuis sept ans, quoique je fasse, je baigne dans le thème : induction d’ovulation, protocole FIV, IVG, IMG, suivi de grossesse… j’ai moi-même un Gigot, et je sais parfaitement que, dans les circonstances actuelles, si je devais tomber enceinte à nouveau, je ne pourrai pas le garder.
Personnellement, et ça n’engage que moi, je pense qu’à ce moment, j’aimerais avoir de l’aide.
Actuellement, en travaillant dans le milieu, je sais que c’est compliqué.
Encore toutes mes excuses à ceux et celles que j’ai blessé. Ce n’était pas mon but.
Bite.
(Le commentaire ci-dessus s’imposait.)
Samedi il y avait aussi des mémés avec une aiguille à tricoter plantée dans le bonnet, et dimanche il y avait ma mère au bout du fil qui me re-racontait comment c’était quand elle était au MLAC, quand elle faisait le guet, quand une femme tombait sur le mauvais médecin et se vidait de son sang en ayant encore plus peur d’aller à l’hôpital que d’être en train de crever d’une hémorragie interne.
Tu la sens, ma lassitude de me battre, la trouille au ventre, pour des trucs qu’on croyait acquis 40 ans auparavant ?
Je continuerai toujours de penser que ceux qui affirment que la majorité des femmes qui avortent culpabilisent, et qui mettent ça en parallèle avec des femmes qui utiliseraient l’avortement comme une contraception, ces gens là sont dangereux. Ce discours pue. Je me moque complètement qu’il soit noyé dans un vague discours d’accompagnement, ça pue.
Je ne comprends pas trop les derniers commentaires : on précise qu’on est pour, toujours pour, MAIS que bien sûr il ne s’agit pas d’un moyen de contraception en soit, et qu’il est important que l’éducation sexuelle soit davantage répandue.
Et qu’on n’a pas à projeter de culpabilité, ni quoi que ce soit -même si c’est dur, voir ce qu’on a projeté ici quand on discutait de la prostitution…
Mais il y a des contre-exemples ! Ça ne change rien aux convictions.
C’est tout. (Et je précise que dans le commentaire de Faerika, il faut à mon avis lire « minorité de personnes » et pas majorité.
Ce que je vois, à mon niveau professionnel, ce sont des gamines de 16-17 ans qui arrêtent le lycée, sans diplôme, pour mettre au monde un moutard dont elles ne connaissent pour la plupart pas le géniteur, et ce même moutard sera élevé par ses grands-parents parce qu’à cet âge-là, on n’a pas ni les moyens financiers, ni psychologiques d’assumer un bébé.
Mais le poids de la religion, de la famille est tel que ces jeunes filles n’ont PAS le choix, n’ont AUCUN pouvoir de décision sur leur propre corps, elles n’ont pas la maîtrise de leur avenir.
A l’époque où je me suis faite avorter, l’IVG était interdite là où j’habite. Seuls, 2 toubibs le pratiquaient en toute illégalité et à nos risques et périls. J’ai d’ailleurs fini à l’hosto avec une belle hémorragie, mais le gynéco des urgences n’a posé aucune question et sur ma feuille d’hospitalisation, il a marqué « fausse-couche ».
Il n’y a donc pas que des cons parmi eux (pour répondre à un commentaire plus haut).
Vous revendiquez toutes « mon corps est à moi », mais sachez que votre utérus ne vous appartient pas. Lorsque j’ai décidé de couper toute possibilité de grossesse, j’ai dû obtenir le consentement écrit de mon mari parce que j’avais moins de 45 ans !!! En 2009 ! c’est pas si vieux que ça.
Alors, oui, moi aussi j’enrage parce que rien n’est jamais acquis lorsqu’il s’agit d’émancipation et de droits des femmes et que de générations en générations, il faut sempiternellement s’arc-bouter pour conserver ce tout petit espace de liberté.
Désolée pour la longueur du message.
En ce qui me concerne, je répondais au 1er commentaire de Faerika, traitant de l’acception de l’avortement subi, et où elle parle bien d’une « majorité » de femmes (je cite « Beaucoup prétendent « s’en foutre », d’autre aussi attestent qu’elle l’ont accepté, mais dans une majorité des cas, c’est un auto-mensonge »).
Hum.
Oui, d’accord. Ceci étant, (et ça n’impacte en rien mon adhésion au principe), je me base sur un échantillon de 10 femmes, elle en voit 50 par jour, c’est intéressant aussi d’avoir son avis.
Mais je vois mieux le souci.
http://madame.lefigaro.fr/societe/espagnoles-font-certifier-propriete-de-leurs-corps-100214-709224