Déménagements aléatoires et absurdes obligent, je suis récemment arrivée à proximité d’une table de reloues ABSOLUES.
Oui, ça va être pas intéressant et médisant et totalement nombrilo-centré ; je fais un disclaimer tout de suite (c’est le nouveau mot de la mode actuelle des jeunes du multimédia) (ça veut dire que tu préviens que tu vas faire de la merde -enfin ça veut juste dire que tu profères un avertissement, mais vu les contextes dans lesquels je l’ai entendu utilisé, je pense que ça ne sert qu’à prévenir que tu vas faire de la merde et qu’en plus ce ne sera pas de ta faute. Genre « non mais on fait ça, y’a qu’à juste faire un disclaimer avant pour dire que c’est pas sûr que ça marche » = je fais du caca et je dessine avec sur les murs) (en plus, magie du vocabulaire insupportable de l’entreprise, il reste approximativement deux jours avant que ce terme -qui a donc une traduction française tout à fait valide-, non seulement devienne un « disclémère », mais également un verbe, qui va se conjuguer à loisir)(pas le mien)(chiure de couille à queue).
J’ai jamais été super fan de la collectivité. (J’ai failli dire que la collectivité n’avait jamais été super fan de moi, mais on va encore dire que je rejette la faute sur mes petits camarades). Donc, les groupes : à part me rendre parano ; pouf-pouf. J’ai notamment de grosses difficultés à comprendre les groupes non-mixtes qui semblent faire des efforts démesurés pour répondre en tous points aux critères caricaturaux de merde que tout le monde rabâche à longueur de temps : « les fiiiiilles sont ceci », « les zhôôôôms sont cela ». Je sais que ces idées reçues sont absurdes et sexistes -eh, j’en ai fait un bouquin, ça va, j’sais d’quoi j’parle.
A chaque fois je sombre dans des abîmes de perplexité, à me demander si c’est le groupe, l’inné, l’acquis, la génétique. Et pendant que je penche la tête de gauche à droite comme un Ewok devant un vélo d’appartement, en général le groupe commence à pousser de petits cris aigus ou à se taper dans le dos, en une sorte de mayonnaise genrée qui s’étalerait, chaque jour plus lourde et plus épaisse, sur l’œuf dur de mon espoir d’un futur humain heureux et chantant.
Bref, je fais des grandes phrases parce que ça me calme d’entendre le tap-ta-tap des petites touches, mais j’ai juste envie de dire qu’à côté de moi, maintenant, au travail, il y a une table de 8 connasses hystériques qui passent leurs journées à raconter de la merde en parlant très, très fort.
Putain de moi.
Je ne sais pas si elles pensent que tout ce qu’elles racontent est passionnant au point qu’il soit nécessaire de l’imposer aux 80 autres pauvres malheureux qui peuplent cet open-space, ou si elle sont simplement peu au fait des propriétés du son (qui ne s’arrête pas aux petits murs magiques dressés par les lutins invisibles de l’open-space).
Longtemps, j’ai pensé qu’elles avaient subi collectivement un traumatisme auditif, et qu’elles étaient peut-être toutes à moitié sourdes, les pauvres. Ça n’excuserait pas le flot de platitudes ininterrompu qui se déverse de leurs bouches à longueur de journée, mais au moins, ça expliquerait le volume. Je sais que c’est mal de me dire à chaque réflexion foireuse « mais pourquoi elles disent pas du caca sur le msn du skype de la messagerie instantanée du futur informatique ? », parce que c’est bien de parler aux gens, la déshumanisation du lieu de travail, tout ça.(Parenthèse : je vous en reparle bientôt mais récemment je me suis remise à écouter Génération, et je vous informe qu’on peut dire le tur-fu. Ça m’enduit de gloussade).
Et puis quand je me suis rendu compte qu’elles passaient tous leurs appels sur haut-parleur, j’en suis arrivée à la conclusion qu’elles avaient juste des manières de connasses. (J’emploie la première personne du singulier mais pour ne rien vous cacher j’ai des écouteurs enfoncés jusqu’au cerveau la plupart du temps et quand je me suis mise sur le dossier les 80 pauvres péquenauds qui leur servent de voisins avec moi étaient déjà à deux doigts d’aller chercher le goudron et les plumes. J’étais pas la première sur le créneau-haine, ce coup-ci).
Rien que cette semaine, je peux vous dire lesquelles se sont fait les jambes à la cire, laquelle s’est cassé le bras à poney quand elle avait 8 ans, laquelle a rendez-vous chez l’ostéopathe, qui a mal digéré les sushis de mardi ah bon oui non et toi ? Ohlala moi ça m’a fait des allers-retours tout partout dans la gorge jusqu’à ce matin. Et vendredi midi, elles vont toutes ensemble à la pizzeria, mais pas demain parce que demain Gladys doit aller rendre sa robe Zara qui est trop longue. Je connais leurs prénoms, je sais lesquelles sont filles uniques ou pas, je connais leurs cycles menstruels. Et il s’agit de personnes qui ne m’ont même jamais dit bonjour. Mais je sais tout ça. Alors que je n’en ai, mais alors, absolument rien à carrer.
Ça n’a l’air de rien. Or, non seulement ces jeunes femmes sont une caricature ambulante du groupe de fiiiiilles concons dont l’intelligence collective atteint celle du bulot desséché, et bien joué, bravo le veau, ça fait avancer la lutte ; mais la violence de leur attitude me heurte chaque jour davantage. Parce que c’est le même principe que les connards qui hurlent des infos ultra-perso au téléphone dans les transports en commun sans aucune considération pour leurs voisins : une négation pure et simple de l’existence de l’autre. Elles ne peuvent pas me déranger, puisque je n’existe pas. Personne n’existe.
L’autre jour, il y en a une qui a éternué -toujours à un volume exceptionnel, un ORL serait sans doute intéressé -, ses copines ont répondu « à tes souhaits ! » dans un bel ensemble, et puis il y a eu une demi-seconde de silence avant qu’elles recommencent leur insupportable logorrhée, pour se raconter tous leurs rhumes respectifs depuis 1994, et on a entendu un très net « crève » fuser de quelque part.
Ô toi, compagnon furtif, j’espère qu’un jour nous nous reconnaîtrons à la machine à café et que dans mes yeux, tu sauras lire la gratitude.
Du coup, pour relever un peu le débat, on leur a trouvé des surnoms de maladies vénériennes.
Eh, oh, faut bien rigoler, un peu.
« Alors, tu preferes la Siphylis ou la Gonorrhee? »
J’imagine deja les conversations de boulot.
- »Elle est pas là Clamidia aujourd’hui ? »
- »Nan elle est en séminaire avec Vérole »
C’est plus simple que ce qu’on pourrait croire (on les aime vraiment pas)
(Sauf Gladys qui bien entendu s’appelle Pénis)
Mais j’ai envie de dire que vous avez de la chance, parce qu’elles ne vous adressent pas la parole!!
Moi je suis dans un bureau de 2 personnes, moi et ma collègue…
Et comment dire, elle passe sa journée à parler de son mec qu’est pas son mec, du mec de sa voisine/copine/baby sitter de 18 ans, de ses filles, de leur pyjamas Hello Kitty, qui passe 1/2 heure au téléphone avec sa mère TOUS LES JOURS (et en parlant très fort) et qui écoute en plus de la musique de merde sur son ordi (R-Kelly, Drake, Maitre Gimms, Rihanna et compagnie, beurk)
Bref, je suis seule face à elle, je suis nouvelle et d’un naturel plutôt sympa… alors j’ose rien dire et je subit…
Le problème avec ma collègue, c’est qu’en dehors de tout ça, elle est sympa, alors c’est dur de l’envoyer bouler. (Je lui ai quand même dit une ou deux que je n’écoutais pas, ou bien que je m’en foutais de la tronche du copain de sa voisine mais bon, ça ne l’arrête pas…)
Bref, vous au moins, vous pouvez mettre des boules Quies!
Veinarde!
Le pénis c’est une maladie ?!
« une sorte de mayonnaise genrée qui s’étalerait, chaque jour plus lourde et plus épaisse, sur l’œuf dur de mon espoir » à ce moment-là, je crois que j’ai joui. Un peu.
Han Impératrice
Mais ça veut dire que Satana est loin loin loin loin de Vous ?
Sinon, si je compte bien, ça fait du 5 contre 1 ça non ?
Vous pouvez tester la réponse graduée, genre elles vous emmerdent, vous mettez de l’eau ou de l’eau encrée très légèrement sur leurs sièges : elles vont sentir que c’est mouillé 1/2 heure après et comment dire, ça sera trop tard…
Pê qu’elles comprendront la relation jefaislagrosseconne —> ilmarriveunemerdeauboulot ?
Du courage et du birnu
Bravo le veau, huhuhu…
Soit dit en passant, et j’en conviens c’est arbitraire, se prénommer Gladys n’est-il pas déjà une saine punition ?
Impératrice, j’ai trois choses à vous dire.
Premièrement, je suis fort soulagé de lire ce billet : dix jours sans nouvelles de vous, c’en devenait inquiétant.
Secondement, sachez que je compatis à votre douleur.
Troisièmement, vous nous avez fait une magnifique démonstration de lâcheté collective. La même lâcheté collective qui fait que un connard emmerde tout le monde dans les transports en commun, personne n’ose réagir alors que tout le monde souhaite sa mort dans d’atroces souffrances.
Donc je ne peux que vous conseiller d’aller vous plaindre face à elles plutôt que face à nous. Et tant qu’à faire, allez-y en groupe avec vos collègues. Et si possible, en incluant dans le groupe un responsable hiérarchique à qui vous aurez dûment expliqué que l’attitude de ces trois employées nuit fortement à la productivité des quatre-vingt autres employés du service. Sans compter que pendant qu’elles se parlent les unes aux autres, leur propre travail n’avance pas.
Parce que si personne n’agit, non seulement les choses ne s’arrangeront pas mais elles ne pourront qu’empirer.
–> Sans-Visage –>
Non, elles ne comprendront pas. Pour la bonne et simple raison qu’elles n’ont certainement pas conscience de déranger les gens. C’est désespérant mais c’est comme ça : en général, ceux qui emmerdent le monde ne s’en rendent pas compte.
Donc il faut
- soit leur expliquer, de préférence calmement et poliment (ce qui, je vous l’accorde, est très difficile)
- soit faire en sorte qu’elles soient sanctionnées par la hiérarchie
- soit subir en silence
Je suis d’accord avec Jamic à propos de leur dire, MAIS je sais que je ferais probablement comme vous, c’est à dire souhaiter leur mort à coup d’oursin dans les yeux, en silence.
Je préconise une dose de laxatifs dans leurs tasses à café. Mais seulement s’il y a assez de toilettes dans votre boulot.
Mon message a été avalé par le démon de l’Interwoueb. Je disais que Jamic avait à mon avis bien raison, MAIS que je pensais qu’à votre place je ferais pareil, c’est à dire rien (à part souhaiter leur mort à coup d’oursin dans les yeux).
Bon, mais sinon, je préconise le laxatif dans le café pour les scélérates, à la condition qu’il y ait assez de toilettes là où vous faites votre travaillement.
Bon courage, Impératrice, et si vous manquez d’idées de vengeance, faîtes le nous savoir, je suis sûre que la Galaxie saura se montrer inventive…
Chers,
Je vous accorde une part de lâcheté, mais contrairement à la connasse du train, la connasse de l’open-space, tu vas continuer à la voir 10 heures par jour pendant longtemps.
Par ailleurs je me permets de préciser que leur responsable hiérarchique est PAREILLE et qu’elle leur parle toute la journée alors qu’elle se trouve à 25 mètres.
Donc :
1)elle hurle aussi
2)on doit en conclure qu’elle a recruté des padawans à son image et qu’elel trouve ça normal (c’est nous les connards ; on est toujours la connasse à QI de taupe morte de quelqu’un, de toute façon)
3)elles savent parfaitement qu’elles font du bruit puisqu’elle ont déjà remarqué (en hurlant) que nous de notre côté, on était quand même « super discrets » (= Satana et moi de débriefions pas de nos frottis annuels par mégaphone)
Ceci étant dit, au fond, je vous avoue que ces personnes m’indiffèrent -si on arrive à mettre de côté mes migraines quotidiennes- et que je blâme surtout cette mode à la con de l’open-space immense qui regroupe des équipes et des métiers qui n’ont absolument rien à voir, ni dans le fonctionnement, ni dans les besoins.
Sinon, j’ai aussi très envie de dire CACA-PROUTE alors je me gêne pas ; après tout c’est chez moi ici.
(Et bien sûr le pénis n’est pas une maladie)(quoique ça dépende des points de vue…), mais bon, vu le prénom de base, c’était assez difficile de résister.
Et pourquoi ne pas leur rendre la pareille pendant une journée ?
Aux armes ! côté discret de l’OS, prenez-vos mégaphones et faites vous plaisir !
(il faut trouver qq histoires de frottis/vomis/cacas ou autres bien dégueu à beugler et vous serez prêts à risposter efficacement !)
Si cette solution est retenue, je souhaite en avoir un débrief complet bientôt !
Du courage et de la voix, que diable !
Ahah c’est marrant, avec le beulogue facétieux qui n’a pas voulu afficher mes messages pendant un moment j’ai écrit deux fois le presque message. En fait non, c’est pas intéressant, mais je voulais juste dire que je ne souffre pas de dédoublement de la personnalité. Nous sommes beaucoup plus nombreuses que ça, en nous même.
*va se disputer avec l’une de ses 17,3 personnalités*
Tiens, tant que j’y pense, Impératrice, avez-vous remarqué que le Beulogue déconne sur les heures des commentaires ?
Pour info, il est 15h55 au moment où je poste ce message.
Perso, je serai du genre à le leur dire, probablement dans un grand moment d’énervement et donc pas du tout calmement et diplomatiquement. Oui, après, les gens me détestent, mais ça soulage.
Sinon, il y aurait une autre méthode. Prendre les racontars les plus craignos sur chacune, qu’elles ont elles-même raconté (pardon : clamé), et les inscrire chaque jours dans un petit bulletin punaisé à côté de la machine à café. Là, elles se rendraient enfin compte que 1) elles gueulent leurs infos, 2) leurs infos, prises hors contexte et rendues publiques, sont ridicules, et 3) elles énervent tout le monde.
Je pense qu’elles n’oseraient plus parler si fort… En plus, la rédaction de ce petit bulletin, à faire à plusieurs, devraient être bien amusante ^^
En vous cotisant (tout l’Open Space), vous pourriez sans doute vous payer les services d’un tueur à gages, qui tuerait l’une d’entre elles et après, planterait sa tête sur une pique devant le travaillement pour servir d’exemple.
Offrez leur des t-shirts Lannister
Mettez (l’Open espace) des t-shirts Stark.
Voilà maintenant vous pouvez leur rentrer dedans en criant « The North Remembers » !!! »
*tousse*
Nan mais sinon je crois en la théorie de l’exemple : vous en flinguez une bien proprement devant les autres, ça devrait calmer le troupeau.
Merci pour toutes vos suggestions, je vous petit-coeure.
Pour l’heure, c’est une histoire de réglage, faudrait que je farfouille…
J’ai la version light au travaillement.
Genre on est un petit open-space, donc ça fait que quatre personnes et demi au lieu d’une (et demi pare que yen a une qui parle pas fort mais qui fait causer les autres, qui répondent fort)
Genre ça cause de trucs pas trop persos ni trop crades(bouffe, vacances via le CE, boulot, blagounettes, …)
Genre ce sont les membres d’une seule équipe donc à coté les uns des autres donc des fois quand ça cause yen a qui se déplacent pour pas avoir besoin de hurler.
Pi moi ça fait pas suer tout l’open space mais bizarrement dans mon équipe ya personne qui veut bosser à coté (j’y suis, j’ai hâte d’être dans un mois pour déménager plus loin), le téléphone sur haut-parleur c’est rare, pi YA UN MEC DANS LE LOT sérieux.
Mais le cœur du groupe est cinquantenaire, aussi.
Je plussoie la méthode de Clare à base de bulletin d’information.
En plus, si c’est l’Impératrice qui se charge de la rédaction des articles, ça ne pourra être que savoureux.
Juste pour dire que vous m’avez bien fait glousser et j’ai partagé à ma collègue qui n’en a pas moins gloussé. Nous avons des spécimens proches dans notre propre open-space, les mêmes envies de meurtres, et nous compatissons tout plein.