L’internet, qui est rempli de gens qui passent leurs journées sur Imgur, a largement contribué à remettre au goût du jour le terme de procrastination.
Qui, quand j’étais petite, était juste ne rien foutre.
Donc je ne sais pas ce que va être la prochaine étape. Très certainement pas de fermer Imgur, vu que quand tu ouvres une fenêtre dédiée à l’actu tu as envie de te ronger les veines avec les dents (on s’en reparle bientôt). Mais peut-être de trouver encore une nouvelle manière de décrire ce sentiment étrange quand tu ne fous rien de ta journée.
Je propose le rien-branling (bilingue, bi-goût, vaguement ridicule… adopté à la majorité).
Là, par exemple, je dois bosser, or non seulement je suis rentrée du travaillement à des vingt-heures vingt-cinq, vingt heures vingt-six, mais en plus je suis inquiète. Donc au lieu de bosser j’ai convenu avec une pote que dimanche on bosserait ensemble (par la magie de l’amour, on sera un peu ensemble par le cœur, mais sinon on sera surtout ensemble par le Skype, parce qu’en vrai elle habite pas dans la même ville que moi).
Mais ce n’est pas forcément assez spécifique, parce que ce n’est pas le fait juste ne rien foutre, c’est le fait de ne rien foutre en se disant qu’il faudrait absolument qu’on s’y mette.
Par exemple :
-Se lever un dimanche à 7h parce que tu fais une crise d’angoisse (en te disant que tu devrais bosser)
-Te dire que tu vas pas te lever maintenant parce que tu vas réveiller la plèbe (en te disant que tu devrais bosser)
-Te souvenir que tu as bien quelque part un truc con à regarder (en te disant que tu devrais bosser)
-Te souvenir que Satana t’a filé Desperate Houswives (en te disant que tu devrais bosser)
-Te convaincre que scénaristiquement, c’est un modèle fondateur (en te disant que tu devrais bosser)
-Regarder 3 épisodes de 40 minutes (en te disant que tu devrais bosser)
-Te lever te faire un thé (en te disant que tu devrais bosser)
-Te dire que tu vas peut-être t’habiller et bosser (oui, voilà !)
-Avoir froid aux pieds (ohlala)
-Du coup, pas bosser du tout ais retourner vite-vite dans le lit (en te disant que tu devrais bosser)
-Regarder encore 3 épisodes (en te disant que tu devrais bosser)
-Aller manger un morceau (en te disant que tu devrais bosser)
-Avoir froid aux fesses (et mettre un pantalon et te mettre à bosser)
-Retourner vite vite te mettre dans le lit (ah non)
-Te dire que tu vas pas passer ton dimanche à regarder des séries pourrites (en te disant que tu devrais bosser)
-A la place, regarder un bon film (genre Damsels in Distress) (alors que tu devrais bosser)
-Te rendre compte qu’il est l’Heure Fatale (c’est pas la même pour tout le monde tous les jours, mais pour moi le dimanche c’est 17h38. A 17h38 le dimanche, si j’ai rien fait, je décide que c’est mort. Tout est vain. C’est faux. C’est bien plus tôt que la fin du travaillement en semaine, et en semaine, je bosse le soir).
-Être rempli de floup et de dimanche soir (ALORS QUE TU DEVRAIS BOSSER).
Donc c’est pas que du rien-branling. C’est une journée entière de culpabilité totale. Et encore, là c’est quand tu manges que du thé. Des fois la journée de rien-branling se résume à faire des petits gâteau au gras, sous prétexte d’en donner à la plèbe, pour au final les grignoter petit à petit caché dans un placard, puisque le Biscuit Fatal est passé et qu’à ce stade autant les manger tous.
C’est du guilty-rien-branling.
Ptin.
Pourquoi j’invente des mots trop cool que pour de strucs pourris ?
Cet article me tord tellement les tripes d’angoisse parce qu’il résume si bien ma vie et AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH je n’arrive même pas à écrire un commentaire tellement je stresse de tout ce que j’aurais du faire et de tout ce que je n’ai pas fait ! Et là c’est FINI, je bosse tous les jours jusqu’à mon déménagement et je n’ai pas encore commencé un seul carton ! Et je rentre tous les soirs très tard comme toi ! AAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!
(Heureusement que je fais du yoga qui m’aide à me détendre, hein, sinon je te dis pas).
Ah, oui, on sent bien le yoga dans votre commentaire.
Tout pareil mit cartons.
Avec comme petit twist sympa de faire des nuits de 4h parce que jamais j’aurai fini mes cartons, alors que les trucs à mettre dans des cartons sont en Germanie et moi à Paris, et que donc je ne peux rien y faire. Mais va mourir, cerveau de merde.
Y reste du cognac ?
haaan mais en fait c’est général ce truc y a pas que moi ….. ça me rassure …. je continuerai donc à culpabiliser MAIS en me souvenant que ça arrive à d’autres !
birnus et merci
Tiens, et si au lieu d’aller sur l’Interwèbe je scribouillais/révisais mon code/lisais les trente bouquins que je me suis promis de lire avec qu’on m’en offre d’autres/dormais pour être en forme au boulot demain, parce que les nuits de trois heures c’est pas SUPER reconstituant…
Ah mais non, le Beulogue a été updaté.
Shit.
Voui, je passe mes soirées sur la terrasse à fumer des clopes en me disant que, si j’avais le temps, je pourrais jardiner-ranger le souk-trier la paperasse-écrire aux zamis-me coucher avant 23h. Et je reste le cul sur ma chaise, à ressasser que j’ai jamais le temps de rien faire. Alors que si, mais bon, non. J’ai pas envie. Je ferai dimanche. Sauf que le dimanche, j’en fais encore moins.
Allez, boivons un coup d’Cognac, on ne sera pas moins productif !
Ouf ! Je ne suis pas encore un cas désespéré : mon rien-branling se limite au travaillement.
Quand je suis chez moi, je fais presque toujours les corvées dès que possible (genre la vaisselle de la veille dès que je rentre du boulot).
En fait, jusqu’ici, je ne m’étais jamais posé la question de savoir pourquoi mais maintenant, je me rends compte que si ça se trouve, c’est justement pour éviter d’avoir ce sentiment de culpabilité.
Le sentiment de culpabilité de « ah mais je fais rien là ça craint je dois bosser » je compatis. C’est même ce que je regrette le moins dans le fait d’avoir fini mes études. Certes, je le ressens encore maintenant, mais moins souvent. En ce moment moi aussi je suis dans le « aaaaaaah j’aurais jamais fini mes cartons ». Ca doit être une crise générale du déménagement
Aaaaaaaah!
Comme je comprends! Je suis tout à fait là dedans en ce moment!
Je rentre du boulot et je fais quoi? hein? je fais quoi? (je rentre à 18h, je précise, c’est quand même plutôt cool)
Je regarde des séries sur Canal+ séries!!! haaaaaa! et après il est tard et j’ai plus qu’à aller me coucher parce que le lendemain je bosse.
Grosse nulle!
Alors qu’en ce moment, j’ai pleins de trucs à faire (mon CV à mettre à jour, rechercher les contacts de tout un tas de festivals et les CONTACTER par exemple…)
Mon excuse? Mon boulot me déprime, je veux partir, mais mon méchant patron veut pas que je parte et veux pas me faire une rupture conventionnelle de contrat, le gros bâtard!! Alors le soir, je n’ai aucune motivation pour rien, et je préfère regarder la vie fictionnelle trépidante de personnages eux aussi fictionnels.
Rien-branling culpabilisant quand tu nous tiens!
En même temps, pour rassurer tout le monde, j’en avais parlé à mon psy une fois de ce sentiment de culpabilité qui te tient quand tu n’as rien fais de ton dimanche (ou de ton week-end), et il m’avait demandé pourquoi je culpabilisais comme ça. Ben, ma mère est une femme très active et organisée, elle n’est pas capable de passer ne serait-ce que 2 heures sans rien faire, et c’est elle qui m’a élevée quoi, c’est un peu ma référence de femme adulte.
Et il m’a répondu que je n’étais pas ma mère, et que je n’avais pas à culpabiliser de ne pas être comme elle. C’est important aussi de ne rien faire, de se poser, et que dans cette société où on passe notre temps à bosser, on a le droit de glander au lieu de faire le ménage, le monde ne va pas s’écrouler!!
Ben je vous jure, quand je glande et que la culpabilité commence à pointer le bout de son nez, je repense à ça, et ça va mieux!
Après bien sûr, c’est comme pour tout, il ne faut pas en abuser… parce que parfois, on est bien obligé de se sortir les doigts du cul et de faire des trucs!
A bon entendeur
Je vote aussi pour le choix de ces termes. Le « rien-branling », et son corolaire le « guilty-rien-branling », j’adore ! ^^
C’est bizarre de voir dans les commentaires comme tout le monde est affligé de ce mal (à part Jamic, que nous détestons tous un peu). Et je n’y échappe pas…
Le pire, c’est le guilty-rien-branling, qui est permanent, qui te ronge toute la journée, chaque jour. Qui ne te permet JAMAIS d’oublier ce que tu devrais faire et ne fais pas, en toile de fond perpétuelle à tes journées… En fait, j’envie sacrément les flemmards : contrairement aux procrastinateurs, ils ne font rien et ils s’en foutent ! Les bienheureux !
@ Annaita : c’est dommage, elles ne me réconfortent pas, les paroles du psy, car ma procrastination porte sur des trucs que je devrais faire pour mon avantage à moi, et ne pas les faire, c’est me faire du mal à moi. Exemple type : à l’époque des feuilles de soin, avant la carte Vitale, quand il fallait remplir la 1ère page, prendre une enveloppe et la timbrer, puis poster le tout (super dur et super long à faire, spas), j’accumulais les feuilles de soin chez moi dans un coin, angoissant de ne pas m’en occuper, mais incapable de le faire, jusqu’à ce que 4 ans passent et qu’elles ne soient plus valables. J’ai perdu pas mal d’argent comme ça.
Ma procrastination porte sur des trucs qui me prendraient 10 minutes à faire, mais que je laisse trainer éternellement, et qui pourtant sont dans mon propre intérêt. Donc, bon, non, mon quilty-rien-branling ne se calmerait avec les conseils du psy…
Oui, oui, oui… j’ai 3 enfants, un mec, un taf, une ambition créative… Et tout ce que je fais n’est jamais assez… J’ai le sentiment de ne jamais faire assez… Oh, oh! culpabilité, quand tu nous tiens! « MORA, MORA » comme disent les malgaches.