Il y avait un porte-clefs. Celui que j’ai trimballé dans ma poche pendant qu’on vidait l’appartement plein de souvenirs et de services de fêtes sortis deux fois par an.
Et dans le porte-clefs, il y avait une petite poche.
Et dans la petite poche.
Et dans la petite poche, il y avait un bout de fiche, le genre 10×15 dont lui se servait pour organiser le monde, parce que tout ça c’est quand même bien le bazar tant que tu ne fais pas de fiches ; avec collée dessus une photo d’elle, sa date de naissance, son nom de jeune fille, son adresse et son numéro de téléphone.
La photo est vieille, elle ressemble à une femme que je reconnais pas -ou si, un peu, parce que les souvenirs, contrairement à ma messagerie professionnelle de mon cul, se mettent à jour automatiquement.
C’est pour ça que je suis fatiguée, d’ailleurs, parce qu’une bonne partie de mon énergie est passée à effacer les dernières mises à jour, les mains trop maigres, le corps allongé de celle qui avait toujours été debout, invincible, malgré tout ; et cette saleté au coin de l’œil que je n’arrivais pas à ôter, pétrifiée que j’étais à l’idée de lui faire mal, taraudée par le désir de la laisser propre, respectable. Parce que tu peux sombrer dans le coma avec une poche à merde collée au flanc et toujours donner l’impression d’une femme forte, d’une femme -pas apprêtée, mais prête. Pour toutes les épreuves que va t’apporter cette putain de journée. Debout, mon gars. Bring it on. Lève les pinces, fais ton malin avec tes métastases de merde. Si tu crois que je vais me plaindre pendant que tu me consumes lentement, c’est que personne ne t’a briefé.
Où est passé ce courage-là ? Il est où, le legs, quand j’appelle un numéro non attribué pour raconter ma journée et dire qu’ils me manquent ? Il est où, le courage, quand je pleure roulée en boule en attendant que la force qu’ils avaient m’arrive enfin, comme un héritage indiscutable, alors qu’ils m’ont aussi appris que tout vient par le travail et que si je ne me mets pas debout, ma tête ne dépassera pas et qu’aucun bonheur ne pourra me trouver ?
Une adresse sur un porte-clé.
Ça , par contre, c’est bien là. J’attends toujours le moral d’acier, la gentillesse automatique, la douceur et la capacité de faire un gâteau de semoule sans grumeaux ; mais ne vous faites pas de souci, tous les deux. Quand j’aime, moi aussi je fais des trucs complètement cons.
Tu fais chier…
Ca, et on t’aime, nous tous, un peu, aussi, a notre facon. Histoire que tu, quoi. ‘fin tu vois.
Je suis tout à fait d’accord avec le message pourtant confus de Wayne. Pis contente d’avoir lu ce post chez moi, et pas à ma pause de midi comme ça m’arrive. C’est tout. Bonne fin d’année tout de même. Enfin, « bonne », je suppose que non. Fin d’année à vous. C’est déjà ça.
Pareil que les deux autres. Caca. Passque quand ça va pas on dit caca. Ca va pas mieux pour autant après, mais au moins, on l’a dit.
J’aurais bien envie de dire « Bite » pour vous rasséréner (bloody hell, qui donc a inventé ce mot, rasséréner ? C’est débile toutes ces lettres) mais je sens bien que c’est pas le moment.
En même temps, y’a-t-il vraiment un moment pour dire bite ?
A la place, je vous dit Hug. Ca fait en même temps câlin anglais et salut indien. Donc c’est la classe.
Je vous aime touzoure.
Oui en terme bete et simple: On t aime. Et je commente pourtant rarement cet illustre blog, imperatrice.
Dieu que vos mots sont beaux. Courage et tendres pensées pour vous votre altesse impériale.
J’avais les larmes aux yeux en finissant de lire, les commentaires m’ont fait déborder.
Comme les camarades galaxiens qui ont vu ce texte en décembre et ceux qui étaient là hier : c’est beau, ça donne envie de dire qu’on aime.
C’est banal mais unique.
C’est passé ou ça passera par tout le monde mais c’est pourtant impossible.
Bon courage.