La Galouzie 30

Quand j’ai ouvert le blog, je commençais à travailler. Enfin, j’avais déjà bossé avant, mais là c’était le Vrai Travail du CDI que tout le monde te dit « ouaaaah la chance » et toi tu ouvres un PEL.
L’adultie, un peu.
AU bout de quelques mois, quelque chose s’est passé qui m’a fait me demander si je ne ferais pas mieux d’y renoncer, au Vrai Travail.
Parce que la connasse qui m’avait embauchée m’avait déclaré une guerre des nerfs que je ne pensais pas avoir méritée. Et aussi parce que j’ai eu une sorte d’intuition que passer 10 heures par jour dans un open-space à faire des trucs inutiles allait sans doute rapidement me lasser.

A ce moment-là, Mollo disait que si j’étais malheureuse, j’avais qu’à partir, et qu’on se débrouillerait. Le plus gentiment du monde, il me proposait de m’entretenir. Parce que oui, j’étais effectivement très malheureuse.
Mais l’idée de dépendre financièrement de l’homme avec lequel je vivais me semblait inenvisageable.
Et il était hors de question que je perde la guerre.

Après de très, très longs mois (qui se comptent en fait en années), la connasse a dégagé, d’abord plus loin, puis tout court.

Et il n’est plus resté que cette évidence : je faisais quelque chose que je n’avais pas envie de faire. Et autour de moi, il y a des gens qui ont fait exactement ce que j’avais envie de faire : se barrer et réaliser des choses qui leur plaisaient.
Je les jalouse intensément. C’est viscéral.
Je pensais qu’au bout d’un moment, ça servirait à quelque chose, toute cette envie. Que ça me ferait franchir le pas.

Eh bah non.

Il y a plein de choses que je m’impose, seule, et qui sont des épreuves supplémentaires. Et surtout, cette histoire d’anonymat, qui m’a lamentablement bloquée sur plein de choses, mais qui continue de me protéger.
La seule question, c’est « de quoi ».

C’est peut-être ce truc d’éducation, cette incapacité à envisager de partir sans avoir rien derrière -la panique que ça déclenche.
Il y avait eu un billet témoignage sur madmoizelle, d’une nana qui avait « décidé de devenir écrivain », et ce billet me faisait hurler, parce que c’était, en gros, un énorme ramassis de conneries. Mais au-delà de la nana qui témoignait (et qui racontait clairement du caca sur comment faire, procéder etc) ce que j’ai vachement envié (une fois de plus), c’est que ça ne lui avait pas posé de souci de quitter son boulot et de compter sur le salaire de son mec. J’ai trouvé cette meuf con comme un bidet (je ne la connais pas, la pauvre, mais ce qu’elle racontait me rendait juste barge), mais du coup j’étais encore plus énervée de voir qu’une abrutie (encore une fois, je projette à mort) était capable de faire un truc dont j’étais totalement incapable.

Rha.

30 avis sur “La Galouzie

  1. Caroline fév 10, 2014 09:10

    « C’est peut-être ce truc d’éducation, cette incapacité à envisager de partir sans avoir rien derrière -la panique que ça déclenche. »

    Comme je vous comprends, Impératrice ;___;
    Mais vous remontez moyen le moral pour un lundi matin tûdmême. Du coup voilà un chaton kikinou.

  2. Pétronille fév 10, 2014 10:32

    C’est vrai, mais c’est vrai aussi que je programme les billets au pif (vu que j’ai toujours pas de l’internet)

    http://imgur.com/gallery/aJV1w (pour me faire pardonner)

  3. Ninita fév 10, 2014 11:11

    Pour la question de « pourquoi ils y arrivent et pas moi ? », l’éducation peut-être une raison, mais la seule, j’en doute. Pour moi, il y a de l’inné et de l’acquis.

    Vous qui aimez les listes, je vous propose celle des raisons pour lesquelles on peut avoir du mal à lâcher un boulot qu’on n’aime pas, mais stable :

    - La fierté : Ça implique d’être à la charge de sa moitié/ses parents/autre, donc de lâcher son indépendance durement acquise. Pas évident.

    - Les trucs à payer : tous les changements de vie ne sont pas gratuits. Et même ceux qui ne coûtent rien théoriquement, parfois on ne peut pas se les offrir parce que l’argent qu’on ne gagne pas pendant qu’on vit son rêve on en a besoin pour vivre tout court, voire faire vivre autrui.

    - L’angoisse : On n’est pas égaux face à l’angoisse ou la trouille du changement. Perso je suis pas mal en mode « Allez zou, on verra bien » quand il s’agit de l’inconnu mais j’en connais qui freezent même pour aller dans un nouveau resto.

    - La résistance : Voir ci-dessus en inversant. Plus on est capable de supporter l’insupportable, plus on a de mal à se barrer.

    - L’entourage : C’est bien d’avoir une personne prête à vous prendre en charge, mais si le reste du monde vous hurle que c’est folie d’envisager de vous barrer, ça met moyennement en confiance. A moins d’avoir un esprit de contradiction de folie. Ce qui introduit parfaitement le point suivant…

    - Le conformisme personnel : Bah oui.

    - Le manque de confiance en soi : C’est quand même vachement plus facile de faire le pas quand on est intimement persuadé d’être la prochaine J.K. Rowling / Madonna / Sofia Coppola /…Ça n’aide pas du tout à réussir sur le long terme, mais pour se barrer c’est pratique.

    - Le sens des réalités : Quand on en a pas, on peut joyeusement ignorer/oublier la criiiiiiiiiiiiiiise et le peu de débouchés professionnels dans la branche qui nous passionne, le coût de la vie à Paris/Londres/New-York/Tokyo/… voire le fait que PERSONNE ne nous paiera jamais pour nous prélasser dans un bain moussant en mangeant des tartines de gras (la vie est trop cruelle, j’vous dis). Quand on l’a, c’est difficile d’arrêter d’y penser.

    - L’athéisme : Il y en a qui croient en un ou des dieu(x), que c’est leur Destin et que la Licorne Rose Invisible pourvoira aux nécessités matérielles pendant qu’ils accomplissent le Grand Dessein (ré-écrire tous les livres saints du monde en pirate). Ça peut aider, mine de rien.

    - L’expérience : Quand on a déjà vu de grands et beaux projets, ficelés au quart de poil et semblants parfaits sous tous les points se vautrer lamentablement, ça refroidit (même si ce n’était pas les nôtres)

    Ça en fait dix, et je n’ai plus d’idées. Deux bonnes raisons pour s’arrêter là.

  4. Tubudum fév 10, 2014 11:54

    Comme je comprends… J’ai toujours voulu être écrivain et dès que je vois tous ceux qui publient à compte d’auteur, tous ceux qui réussissent à se faire accepter par un éditeur, je m’en veux et je leur en veux. Parce que j’ai bien un roman, terminé depuis 1 an, et que je n’ai toujours pas osé l’envoyer…

  5. Super Salade fév 10, 2014 12:07

    Nous avons l’air d’être tous dans le même cas. Sans vouloir faire la relou qui « se reconnait trop » dans ce qu’une blogueuse dit, pour le coup j’aurais pu l’écrire, ce billet. Je suis totalement d’accord avec Ninita, et j’insisterais sur le coté « résistance ». Pour ma part, j’ai une très grande résistance aux situations pourries et un potentiel culpabilité infini. Le combo des deux fait que pour quitter un boulot/un mec, il faut que ce soit devenu parfaitement invivable. Je crains que vous ne soyez faite du même bois, à peu près.
    Par contre, Impératrice, je trouve que vous avez quand même amorcé le mouvement, vous publiez un peu, déjà. C’est sans doute très peu, mais le pas est déjà fait, c’est pas si mal. Après, il y a aussi la possibilité de ne pas lacher son boulot, mais demander un mi-temps, ou un 4/5e. Ca laisse un peu de temps pour faire autre chose et c’est moins flippant que partir la fleur au fusil sans rien du tout.
    Et puis c’est totalement respectable d’être féministe et ne pas vouloir dépendre de son mec/mari/petit ami (ça marche aussi pour les lesbiennes mais je pense que la problématique est différente, puisqu’on n’est pas dans un rapport homme/femme, mais enfin je n’ai aucune expérience de ce coté, alors c’est une idée comme ça). Mais bon, c’est dommage que ça empêche de faire quelque chose qu’on pourrait. Comme lâcher son boulot le temps de trouver autre chose. Et là encore, je comprends.
    bref un bien long message pour pas grand chose. On vous soutient à fond, en tous cas.

  6. Super Salade fév 10, 2014 12:09

    Petite précision, quand je disais « c’est sans doute très peu » j’entendais « trop peu pour en vivre et très loin de ce que vous voudriez ». Parce que pour moi, ça parait déjà énorme.

  7. Marion alias Spaghetti per amore fév 10, 2014 12:48

    Je connaissais pas ingmur mais ça m’a bien donné envie de voyager (enfin dès que le porte- monnaie le permettra). A propos du post et des links, je suis en pause de réflexion (dixit mon correcteur automatique de stupid-phone « rigolade »). Bref, je médite quand mon … tour viendra et vos courts posts me vont à ravir, Forza Pétronille

  8. Marion alias Spaghetti per amore fév 10, 2014 12:56

    Evidemment les longs sont bien aussi!!ça évite les comm bien longs

  9. Flore fév 10, 2014 13:10

    Faut toujours faire ce que l’on veut. Toujours. Pas forcement dans l’urgence, mais avancer.

    Accepter les mains tendues — même son mec. Un « je vais t’aider on se débrouillera », c’est pas, « arrête de travailler parce que tu repasses vraiment mieux que la nana qu’on paye à regarder son plumeau ».

    Et plus on les accepte, et plus on en croise. Le paysage se remplit au fur et à mesure que l’on avance dans la direction qui nous intéresse…

    Je crois fondamentalement que si l’on s’est remis tant bien que mal de toute notre vie jusqu’à hier, on se remettra de celle de demain. Donc autant la choisir.

    Mettre des préalables à tout c’est un truc de fonctionnaire. Même si je suis 150% avec Ninita sur ce qui doit un tout petit peu traverser l’esprit avant d’y aller…

    Mais franchement, on ne peut pas rester pas heureux toute sa vie, si?!

  10. Marion alias Spaghetti per amore fév 10, 2014 17:16

    C’est pas mal comme animal, à en lire wikipedia

  11. Marion alias Spaghetti per amore fév 10, 2014 17:18

    :-D

  12. Caroline fév 10, 2014 18:24

    Figurez-vous que celui-ci m’est tombé dessus par hasard à l’instant et j’ai repensé au Beulogue, alors voilà, un peu plus d’amour et de bonheur pour tout le monde :3 ♥

    http://cynicowl.tumblr.com/post/76195540780/my-new-goal-in-life-is-to-be-as-happy-as-this-cat

  13. Clare fév 10, 2014 20:31

    Oui, l’éducation, les raisons données par Ninita, cette résistance évoquée par Super Salade (que moi j’appelle le « je m’adapte », c’est finalement pourri, ce « je m’adapte à tout »)… Et puis on trouve d’autres choses à faire pour ne pas y penser trop fort (sur internet, c’est pas ce qui manque, entre les séries et films, les photos de chats, de wombats (z’avez essayé le quokka?)).
    C’est déprimant, tout ça… Qu’est-ce qui fait que finalement il y aura l’étincelle qui va nous faire tout changer ?…

  14. Pétronille fév 11, 2014 12:17

    Oui enfin c’est pas parce que moi c’est comme ça que c’est pas possible hein.

    Mais bon puisqu’il semble que ça plonge tout le monde dans la dépression, cette affaire, je vous donne ma botte secrète.
    http://www.slothville.com/

    (le répétez à personne)

  15. Ninita fév 11, 2014 17:36

    Oulà, j’ai jamais dit que c’était impossible, hein !

    Juste qu’il y a un certain nombre de freins qu’on se met ou qu’on subit et que les glandus ne vivent pas forcément de la même façon.

    Et *optimisme délirant ON* des fois, identifier ses freins ça aide à s’en défaire, alors si je peux aider…

  16. Clare fév 11, 2014 17:50

    Les sloth (paresseux), je ne dois pas être normale parce que ça me fout la trouille ! Ces longs doigts où on ne sait pas où commence la griffe (hello Freddy les Griffes de la Nuit), cette lenteur suspecte comme s’ils t’endormaient avant de te bondir dessus… Carrément flippant !
    Là, on voit même une de ces créatures machiavéliques tentant d’étouffer un chat :
    http://25.media.tumblr.com/76b0e3ae1b00ed2695dfe27c9442e7f3/tumblr_mlel3xAaKY1qbyxr0o1_400.gif

  17. Pétronille fév 12, 2014 10:27

    Mais enfin, mais non ! Il lui fait des gros birnus !

  18. Ninita fév 12, 2014 11:20

    Et puis le chat n’est pas contre.

  19. Super Salade fév 12, 2014 12:14

    Les wombats aussi ça marche pour le coté tout mignon (et un peu improbable, il faut reconnaître). Ca redonne foi en l’absurdité du monde (oui parce que j’ai besoin d’un peu d’absurde quand le monde me semble désespérément rationnel et froid)

  20. Clare fév 12, 2014 12:38

    Le birnu de la mort, oui ! Et le chat est tétanisé de peur, nuance… D’ailleurs, le gif nous épargne le moment où le sloth commençait à bouloter l’oreille du chat. C’est terrible ce qu’on trouve sur internet !

  21. Pétronille fév 12, 2014 12:47

    N’importe quoi, d’abord il assure sa prise avec mignonité, et après il fait du smoutchismoutch.

    Comment vous pouvez voir ça et vous imaginer la moindre pensée dans cette petite tête poilue qui ne soit pas qu’amour ?

  22. Clare fév 12, 2014 13:16

    Ohlàlà, mais il a un groin ! Et il tire la langue, cet impertinent…
    C’est pire que ce que je pensais.
    Je préfère vraiment le wombat et son côté nounours que Freddy les Griffes de la Nuit qui nous tire la langue (je suis sûre que si je cherche un peu je trouve un gif où il nous fait un doigt)
    https://31.media.tumblr.com/8ea103684e06e13a3510b3e1d6daab71/tumblr_mzu6anwAeN1r6g9m4o1_400.gif

  23. Pétronille fév 12, 2014 13:47

    Alors que ce soit claire : je REFUSE d’avoir à choisir entre le wombat et le bébé paresseux.

    (Mais j’aime bien quand on a de vrais débats comme ça qui vont au fond des choses)

  24. Super Salade fév 12, 2014 13:53

    Et le koala? et le lémurien? (y’a plein de gens qui trouvent ça flippant les lémuriens, moi j’aime bien)

  25. Super Salade fév 12, 2014 13:55

    (et sinon, je comprends pas pourquoi l’anonymat ça bloque? c’est pas courant, les pseudos dans l’édition? L’anonymat sur internet, ça parait bien, par contre)

  26. Clare fév 12, 2014 14:35

    Team wombat ! ^^

    Et sinon, en effet, je me rappelle avoir été interpellée concernant la question de l’anonymat. Mais je comprends qu’il protège, quand on a du mal à donner de soit j’imagine ?
    (vous vouliez du débat)

  27. Ninita fév 12, 2014 15:46

    Je soutiens l’Impératrice dans son non-choix : la mignonitude se cumule, elle ne s’annule pas !

  28. Guacamole fév 20, 2014 15:08

    Je viens de sauter le pas, après 10 ans de reflexions. J’ajoute à la liste des causes possibles celle qui fut durant tout ce temps la mienne: le refus d’admettre que ce que je faisais, et dont j’avais toujours rêvé ne me plaisait pas. J’aimerais dire que je suis hyper heureuse mais c’est faux. Je suis seulement terrorisée à l’idée d’avoir perdu mon indépendance et de, finalement´ pouvoir me tromper une nouvelle fois de rêve. On verra dans quelques mois….

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