On avait nos scies et on a presque pas joué à faire des mouvements de ninja avec car nous étions adultes et responsables.
Enfin aussi surtout parce qu’il y en a qui ont commencé et le formateur les a regardé en soupirant (ils avaient 27 ans hein pas 8) mais j’ai quand même fait des petits mouvements en faisant pfjjjjjiiouuuu, pfjjjjjiiouuuu et ça m’a rendu excessivement satisfaite.
D’autant qu’il fallait plier la jambe pour aligner je sais pas quoi avec le coude de je sais pas qui et que j’avais l’impression d’être dans Mulan à la fin du montage-entraînement quand ils font tous les mêmes mouvements à la fin pendant que ça crie « somehow I’ll, make a man, out of youuuuuu ».
(hashtag masculinité toxique mais enfin c’est MULAN QUOI, articuler les principes et les chansons de Disney c’est toujours un défi).
Ensuite il a dit Bon, alors, écoutez bien. Il a décrit un exercice, la première étape. Ça allait. La seconde étape. Ça allait. Au-delà de la troisième étape ça commençait à devenir un peu flou et j’ai réalisé que j’étais désormais incapable de suivre plus de trois (deux et demie, si je dois être totalement honnête) consignes précises d’affilée sans prendre de note (le schéma des trous que font l’alcool dans le cerveau m’est revenu avec une vividité assez impressionnante, lui, par contre).
Par ailleurs, je dois reconnaître que même niveau langage, j’étais un peu perdue car ce formateur, que sa fesse vibrante soit mille fois remerciée, était BELGE.
Donc ça se passait à peu près comme ça :
« Alors donc ensuite ["ensuite" = étape 27 bis alors que moi depuis la 2 et demie c'était flou] ; regardez bien mes mains. Faut pas boubigner hein, ahah ! Sinon il y a un risque de fruchte. Donc. Vous prenez bien le goulb, comme ça… je crois qu’en français on dit un rabt ? Vous prenez bien le rabt, comme ça. Vous regardez mes mains hein ? OK. Là, attention ! Si vous rabinez vers l’angle opposé, ça pète tout ! On rabine TOUJOURS de l’extérieur vers la périhie. Tou-jours. REGARDEZ BIEN MES MAINS ».
Ça m’a rappelé les soustractions en CE1 (le moment officiel où j’ai abandonné les maths. ). J’étais toujours contente, hein, cela dit, vu que j’avais une scie dans la main.
Après on a choisi une petite baguette de bois pour faire un motif et il a dit : » Eh bah allez ! c’est à vous ! « , et j’étais confiante parce que même si j’avais rien compris j’avais REGARDÉ, et j’avais bien tout fait les mouvements du monsieur et je me suis dit BON, allez, tu vas y arriver. Ça sera sans doute pas parfait mais ça va être rigolo. (C’était déjà rigolo car à chaque mouvement du formateur je faisais tout pareil en me prenant pour une guerrière de l’armée impériale).
On s’est installé chacun et chacune devant son établi avec ses serre-joints et : le drame. Le serre-joint du Destin s’est serré sur mon cœur quand le formateur a dit « et n’oubliez pas hein, comme moi je suis gaucher, vous faites tout bien exactement mes gestes mais à l’envers. »
Et si jamais quelqu’un souhaite poser la question de « mais eh, du coup, t’as bien dû prendre une photo, non ? On peut voir le résultat ? « , les réponses sont dans l’ordre : oui bien sûr, j’allais pas louper une occasion de faire marrer Gonzague ; et non, jamais de la vie.
Merci à Gonzague et bisous les Belges.
J’ai bien rigolé.
(Et lundi prochain, c’est le retour du Lundi-Bisou ! Revenez vite mes petits bicaillous !) (je sais pas j’ai perdu l’habitude, j’improvise).
Ah ben voilà!!!! Quand même!
Le retour du Lundi-bisou.
Mais en fait ne serait-ce pas plutôt le retour du fils du Lundi-bisou? Ou le retour du retour du chien de la voisine qui sauva le neveu du fils du retour du Lundi-bisou????
Je dois méditer avec les planètes crevées, tout celà est beaucoup trop humain.
Chouette, tata Pétronille est revenue !!!
J’aurais bien aimé suivre ce stage aussi parce que l’odeur de la sciure… mmmh ! je m’imagine même me rouler dedans…
Mais c’était pour fabriquer au final ? Non parce que pour moi les ébénistes sont des personnes qui fabriquent la même table que le suédois et qui la vendent 200 fois plus cher parce qu’elle est fabriquée à la main (bon et aussi elle est déjà montée, tu zappes l’étape « test » dans ta vie de couple mais ce n’est pas forcement très pratique si tu comptes la déplacer dans une twingo et que tu vis aux 6ème étage).
Vivement lundi !
Ah bah voilà je savais bien que c’était pas de la paranoïa de dessiner des plans sur des bouts de papier bien que j’ai avec moi le téléphone du fiouture (enfin du fiouture de quand tout le monde dessinait des plans sur des bouts de papier, parce que présentement mon téléphone est plutôt un vieux bouzin pénible)!
(Oui je commente ici pour tous les épisodes parce que LA FLEMME.) (Et l’assiduité lectorale aussi.) (Et les parentheses.)
Bref au fond ce que j’en retiens c’est que l’ébénisterie c’est comme la danse mais avec plusse de trucs qui coupent (alors je précise qu’on peut saigner d’un talon de chaussure de tango planté dans le pied) et peut-être moins d’écrasement des orteils et de fêlures du coccyx parce que ton partenaire te lâche au mauvais moment (je n’oublie pas 2010, Pierre-Eudes).