L’homme et la mer de boules 13

Oui, le titre nul c’est fait exprès. Je peux pas vous laisser un vendredi avec un rébus pourri qui dit « j’ai mal au fion » et vous récupérer le lundi avec le best of de la poésie classique Bulgare.

Bref.

J’espère que je vous l’avais pas déj? montré, mais la V2 de l’article sur IKEA a aussi été refusée (en fait le papier était annulé mais on avait oublié de me prévenir, wéééé ! ).

Mais moi je suis trop généreuse, alors, ami, fan, Galaxie, je te le donne.

(Nan, me remercie pas, c’était ça ou ma blague Carambar fétiche. )

Je suis allée dans un magasin de décoration suédois le week-end dernier.
J’avais besoin d’étagères et d’un porte-savon.

Je pensais que les Suédois étaient des gens blonds et gentils. Après tout, le pays du Père Noël ne peut pas être mauvais, si ? (Ou alors je confonds avec la Norvège ?)
Eh bien c’était une erreur. Je sais maintenant que les Suédois sont des êtres démoniaques et que la déco, c’est le Mal.
Explications.

D’abord, l’homme ne voulait pas venir. Enfin il voulait bien venir jusqu’au magasin avec moi, mais pas dans les rayons. Il voulait rester dans la mer de boules en plastiques, avec les enfants, soi-disant que c’est plus drôle et que de toute façon quand on parle déco on se dispute tout le temps.
Ce qui est totalement faux, et je le lui ai dit. Du coup, on s’est disputé. Mais pas longtemps, parce que le responsable de la Mer de Plastique est intervenu et ? dit ? l’homme que c’était interdit aux plus de huit ans.
L’homme a bien voulu me suivre dans les rayons, mais il marchait dix mètres derrière moi en bougonnant que c’était pas juste. Les employés en jaunes nous observaient en se marrant. Il paraît qu’ils font des concours entre rayons pour voir quel département génèrera le plus de disputes.
Je n’ai pas craqué.

À la place, j’ai demandé ? l’homme de m’aider ? composer la bibliothèque. Une sorte de ruse subtile pour le replacer dans son rôle de mâle alpha. Très sérieux, il s’est emparé d’un plan millimétré et a commencé ? calculer combien de tablettes et d’échelles il nous fallait, en quelle largeur, et blablabla. Il avait l’air très sûr de lui, ce qui m’a un peu étonnée vu qu’il avait oublié les mesures du salon ? la maison.
Un employé en jaune est venu demander si on avait besoin d’aide. Comme c’est un showroom où il faut hurler ? la mort pendant un quart d’heure pour trouver qui que ce soit ? qui demander le moindre renseignement, je vous laisse imaginer ? quel point l’homme donnait l’impression de savoir ce qu’il faisait. J’ai dit au bonhomme que non, mais qu’il tombait bien parce que j’avais une question : est-ce qu’il faut les fixer au mur, ces étagères ? Il a répondu « Non », et il est parti. L’homme a laissé le plan en plan pour me lancer que si je voulais épouser le jeune homme en jaune pour avoir toutes les étagères de la terre, libre ? moi.
J’ai réalisé que je venais de le rabaisser au rang de mâle bêta (moins classe). J’ai rattrapé le coup en disant que personne n’avait jamais choisi mes étagères comme lui. Il a eu l’air rassuré et a dit « bon, je reprends le plan ? zéro ».
Je n’ai pas craqué.

Quand l’homme a eu fini ses calculs, on a pu descendre au libre-service. Lui est parti directement aux étagères, moi j’ai fait un très rapide détour d’une heure et demie par la vaisselle et les rideaux.
L’homme m’a appelée pour dire qu’il était aux caisses en train de faire la queue avec mille sept cents autres personnes, et que ce serait bien que j’arrive. C’est donc entièrement sa faute si j’ai oublié d’acheter le porte-savon : je ne peux pas être efficace sous la pression.
L’homme m’attendait avec deux petites planches en pin dans les mains. Il s’était battu avec plusieurs autres clients pour récupérer les deux dernières étagères. Les autres étaient en commandes, et ne seraient pas l? avant 15 jours (je pense qu’elles viennent ? pied de Suède). L’homme n’avait pas l’air ravi ? l’idée de revenir.
Moi non plus, mais je n’ai pas craqué (en plus, j’avais trouvé des bols noirs trop chics).

Il fallait retirer les échelles et les placards après la caisse, et l’homme est parti mettre les deux planches (et mon sac avec six bols noirs, douze verres, des nouveaux rideaux, une bouilloire rouge et des planches ? découper très sixties, l’homme a dit « inutiles », mais non, c’est sixties) dans la voiture.
Moi, je me suis retrouvée avec un ticket sur lequel le caissier avait entouré les nombres « 23-98 », devant un écran qui appelait le ticket « 12-47 ». J’ai demandé autour de moi comment ça marchait, mais personne ne m’a répondu. Ils étaient tous comme hypnotisés par les écrans ? guetter l’apparition de leur numéro (oui alors eux non plus n’avaient rien compris, mais ne voulaient pas le reconnaître). Sur un des bancs, un homme pleurait en disant : « il ne sortira jamais… jamais… ». Il n’avait pas tort : tout le monde récupérait sa marchandise, sauf lui.
Moi j’ai pensé ? mes nouveaux bols, et je n’ai pas craqué.

J’ai fini par récupérer mes colis et ma famille. L’homme avait trompé l’attention du responsable de la Mer de Plastique et il jouait avec les enfants.
Enfin, il avait pris possession du château et tenait tous les enfants ? distance en leur jetant les boules de plastiques. J’étais assez fière de mon homme (c’est mon côté midinette qui fantasme sur le prince Charles, certes le château rouge et jaune de la Mer de Plastique, ce n’est pas Buckingham, mais c’est un début).
Le responsable de la Mer de Plastique, lui, était moyennement content. Comme quoi, si l’homme ne sortait pas de l? tout de suite, tous les papas allaient vouloir rentrer, ce serait le festival du n’importe quoi. Bien entendu, l’homme a refusé de sortir. Le responsable de la Mer de Plastique a craqué ; pas moi.

J’ai quand même réussi ? faire sortir l’homme et les enfants de l? avant que la sécurité n’arrive. Pour se remettre de toutes ces émotions et fêter l’arrivée de nouveaux bols dans la famille, nous sommes allés manger ? la cafétéria suédoise. Il y avait des boulettes de viande ? la confiture d’airelles, du poisson ? la confiture d’airelles, du gratin dauphinois ? la confiture d’airelles, et en dessert de la mousse au chocolat au saumon fumé, de la tarte aux poires au saumon fumé et de la crème anglaise au saumon fumé : on ne savait que choisir.
Mes enfants chéris ont affirmé qu’ils A-DO-RAIENT la confiture d’airelles et ont eu double ration. Finalement, une fois assis devant leurs assiettes, il n’aimaient pas ça DU TOUT. J’ai fait semblant de ne pas les connaître, ça n’a pas marché (ils hurlaient « maman, maman, c’est PAS BON ! » en s’essuyant les mains sur mon pull, c’est sûr que pour la couverture, c’était un peu fichu).
Pendant ce temps, chéri avait trouvé le ticket de caisse et me faisait remarquer qu’il y en avait pour 34 euros d’étagères et pour 157,87 euros de bols, de rideaux et de planches ? découper inutiles. Et pour zéro euro de porte-savon.
J’ai répliqué « non, des planches ? découper SIXTIES », et je n’ai pas craqué.

En rentrant ? la maison, on a eu le temps de déballer les deux paquets avant de réaliser que les supports des étagères bloquaient l’un la prise, et l’autre l’interrupteur. De toute façon, on ne pouvait plus fermer la porte du salon.
La bonne nouvelle, c’était que l’entrepôt s’était trompé et que si tout se cassait la figure, c’était parce qu’on n’avait pas les bons portants. La mauvaise nouvelle, c’est que dans le magasin suédois, ils ne reprennent pas les colis déj? ouverts. J’ai commencé ? craquer un peu. Heureusement, le mâle Alpha a vu que je tirais une drôle de tête. Il m’a prise dans ses bras et m’a dit que c’était pas grave, que de toute façon j’avais de jolis bols et des planches ? découper inutiles-sixties. Ça allait un peu mieux.
Ensuite il a dit qu’on n’avait qu’? y retourner le week-end prochain.
Et l? , j’ai craqué.

13 avis sur “L’homme et la mer de boules

  1. formika jan 26, 2009 08:26

    preummms

  2. Steph le nouveau (appelez moi albator) jan 26, 2009 08:27

    deuz :)

  3. formika jan 26, 2009 08:33

    je sens que jvais y aller cette semaine….

  4. formika jan 26, 2009 08:34

    Jvais mm acheter un bô cadre pour mon PREUUUMMMSSSS,youpi,c’est lundi!!!!!

  5. Steph le nouveau (appelez moi albator) jan 26, 2009 09:08

    Pis en plus tu vas trainer sur tous les blogs hein ;)

  6. ReD BaRoNnE jan 26, 2009 09:19

    Rhooo

    On s’y croirait !

    C’est encore mieux que la réalité…
    Ne manque que les hurlements des Êtres humains miniatures n’ayant point voulu aller ? la mer de boules et le tableau serait une parfaite reproduction de l’enfer.

    Je vous conseil de vous armer d’une hache lors de votre prochaine excurtion afin de gagner un peu de temps aux caisses.

  7. Steph le nouveau (appelez moi albator) jan 26, 2009 09:20

    Pétro> 23-98 c’était le numéro gagnant du bingo de la semaine dernière, t’as trop de la chance, présente toi pour le gains, craque pas, retournes y effectivement ! Moi j’ai pas de bol, j’ai rien eu.

  8. Nat (sans h ter) jan 26, 2009 09:25

    Collègue number one de moi y est allé hier et me racontait justement son aprèm juste avant que je ne lise ton post, quelle coïncidence. Il y allait pour acheter des étagères et a commencé ? désespérer quand il a vu son chariot plein ("Oh, une housse de couette" "mais on en a plein" "ui ui mais celle-l? est trooooop belle" etc. etc.) avant même d’arriver au rayon des étagères. Il a trouvé les étagères, les a achetées et les a montées… ? l’étage. Il a eu la flemme d’aller plus loin, les cartons sont toujours fermés. Huhu. Vive les magasins suédois.

  9. Niko jan 26, 2009 10:23

    T’as acheté une bibliothèque Billy ?

  10. formika jan 26, 2009 11:06

    je traine ,je traine…

  11. Lorenzo jan 26, 2009 20:17

    haha, ils vont ? Ikea!

  12. MILF jan 27, 2009 19:56

    Putain vous avez des enfants ?!.

  13. petitpoussin jan 29, 2009 11:46

    Comme on dit, "c’était mieux avant"

Commentaires clos.