Les Valses de Vienne, le chauffagisme et Isabelle Huppert 21

Ça fait un paquet de temps qu’on me parle des Valses de Vienne. D’ailleurs j’aimerais bien qu’on m’en parle un peu moins, parce que c’est un blog de qualité, ici.
Enfin disons au moins un blog qui ne fait pas l’apologie de la drogue. Enfin au moins… Non mais je ne m’en sortirai pas, en fait. Les auteurs défoncés sont mon pain quotidien.

D’ailleurs tous les matins en me passant les fesses à l’eau fraîche, je remercie le Seigneur de ses bienfaits et lui demande de mettre sur ma route des rimes improbables, et peut-être une reprise en dubstep de Petit Ours Brun.

François Feldman (les François prennent cher en ce moment), c’est un peu comme Francis Lalanne ou Franz Ferdinand (ça doit être un truc avec les prénoms en F)(d’ailleurs maintenant que j’y pense je ne crois pas avoir fréquenté de gens avec un prénom en F)(que les volontaires se fassent connaître) : pendant très longtemps, j’ai cru qu’il s’agissait d’un personnage fictif.
C’est Krazy Kitty (que j’ai vu récemment manger un camembert ingérable, achevant par là de me persuader, s’il en était encore besoin, qu’il s’agit d’une personne de qualité) (j’ai décidé de ne plus fréquenter que des gens qui aiment le fromage radioactif)(oui c’est sectaire mais apparemment en ce moment c’est festival, tout le monde se lâche, enfin si on peut défiler en expliquant que les gens d’obédience homosexuelle sont tous pédophiles qui veulent faire du trafic d’enfant et obliger les hétéros à épouser leur grille-pain, je suppose que ça veut dire qu’on peut chacun décider de qui a le droit de vote et tout ça, non? )(et je veux une fontaine à eau séparée pour les non-roux. Ils sont pas comme nous. Et surtout pas comme moi) qui m’en a parlé moulte fois. Tout comme j’ai un pote à qui, dès que tu parles de porno vintage, te répond « ah mais ouiii mais le gros roux poiluuu ! », elle, dès que je lui dis : « chanson à qualité alternative », elle répond : « LES VALSES DE VIENNE ».
Bref : donc, je pensais que François Feldman était un mythe. Eh ben pas du tout !
Après, de là à affirmer qu’il s’agit d’une bonne nouvelle, c’est encore autre chose.

Bien, alors maintenant, il y a un petit souci. Je ne peux pas vraiment commenter cette chanson comme je le fais d’habitude, parce qu’en fait ça ne veut rien dire. A la rigueur (éventuellement), on peut envisager que ça traite vaguement de la nostalgie (Nooo-staaaal-guiiiie) (je le fais dans ma tête à chaque fois que je l’écris)(allez chantez avec moi ! ).

Non mais écoutez-moi un peu ça !


 

 

Ma théorie : deux giscardiens déçus et alcooliques se retrouvent au café de Flore et parlent architecture d’intérieur. Mais je ne me voile pas la face : cette explication est bien trop logique.
C’est pas gagné.

Bon non mais alors d’accord, on essaye.

Du pont des supplices
Il existe un pont des Soupirs. Des Soupirs. L’alcoolisme et les convictions giscardiennes de Franfran sont vraisemblablement liés à une dyslexie traumatisante (on rigole pas, c’est pas drôle la dyslexie)(et je voudrais bien que le connard qui a inventé le nom aille se jeter du haut du pont des salsifis. C’est hyper chaud à prononcer, franchement, et à écrire je t’en parle même pas, aaaah, bravo).
Tombent les actrices
Alors d’une : les actrices flottent mal. Donc, on évite de les jeter à l’eau. Et si elles y tombent, on les repêche. Bon, sauf si c’est Isabelle Huppert, bien sûr.
Et dans leurs yeux chromes
Alors pour vous faire un petit rappel, chrome, ça ressemble à ça.

Donc des yeux chromes c'est pas du tout inquiétant, comme concept.

Donc des yeux chromes c’est pas du tout inquiétant, comme concept.

Les actrices m’ont surtout l’air de n’avoir pas fumé que du son d’avoine.
Le destin s’est brouillé
Bon, on comprend que les actrices prennent cher, et tombent patapoum dans le fleuve de l’oubli. (Je tente au hasard)
Au cafe de Flore
Oh, ça va être compliqué comme rime, ça !
La faune et la flore
Ah, ben non en fait.
On allume le monde
Franfran appartient à une sous-branche peu connue du giscardisme : les giscardiens-anarcho-pyromanes. Un marché de niche, comme on dit.
Dans une fumee blonde
Dites, non mais laissez les blondes tranquilles, oui. Cramez les chaises du cours de techno, comme tout le monde.

{Refrain:}
Maintenant que deviennent
Que deviennent les valses de Vienne ?
Oh ben ça va hein, comme ci, comme ça, un jour après l’autre, quoi, hein, comme on dit…
Dis-moi qu’est-ce que t’as fait
Pendant ces années ?
Le pote à Franfran a délaissé quelque temps la giscardiens-anarcho-pyromanie, pour ouvrir une société de consulting en chauffagisme faut-de-gamme.
Si les mots sont les mêmes
Dis-moi si tu m’aimes…
Clairement, il y a eu des soirées chaudes chez les giscardiens-anarcho-pyromanes, dans leur jeune temps. Franfran fait une pause dans sa carrière trépidante de star internationale de la chanson à trous*, revient voir René et lui avouer son amour. Y s’passe des truuuucs !
Maintenant que deviennent
Que deviennent les valses de Vienne ?
Franfran pose doucement sa main sur la main de René. Ce dernier a désormais la pogne rugueuse du consultant en chauffagisme haut-de-gamme, mais sous la paume de Franfran, c’est toujours la peau si douce du jeune homme blond qui semblait prêt à dévorer le monde.
Et les volets qui grincent
D’un chateau de province ?
René a fait fortune. René a réussi. Pense-t-il parfois à Franfran et à cet espoir fou qui leur faisait entrevoir un futur sans limiteuhs ni fin ?
Aujourd’hui quand tu danses
Dis, a quoi tu penses ?
M’as-tu jamais vraiment aimé ? T’es-tu glissé dans ce costume du consultant en chauffagisme haut-de-gamme comme on se grime ou comme on rentre chez soi ? Toutes ces promesses, et tes cheveux qui dansaient dans le soleil ? (René a été le champion de Paso Doble de Crémouillon les ornières de 1974 à 1981.)

Dans la Rome antique
Errent les romantiques
Et les rimes sont erratiques (et c’est ta mère le lézard).
Les amours infidèles
HAN, Franfran fait des propositions indécentes à René !
S’ecrivent sur logiciels
Il veut qu’ils fassent le sexe par Minitel ! C’est dégueulasse!

Du fond de la nuit
Remonte l’ennui
Franfran aussi fait des insomnies. Il repense au paso-doble, à cet âge où le possible va de soi, et il pleure dans le bol à olive (en plus ce sont les pas bonnes, celles avec des amandes dedans qui ressemblent en fait à de gros glaviots)
Et nos chagrins de mômes
Dans les pages du Grand Meaulnes
Franfran, reprends-toi. Certes désormais ta testicouille pendouille un peu et des lignes parcourent ton front telles les fines cicatrices des rêveuh zévanouis, mais soyons sérieux une seconde : veux-tu vraiment retourner à l’âge de l’acné dans le dos et des contrôles d’histoire-géo ? Tu te souviens de Monsieur Pichard, qui retranchait un point à chaque faute d’accord et t’avait plombé ta moyenne avec des -42/20 ? Et d’Elodie Blondieau, qui avait montré ta lettre d’amour à toute la 4èB. Jte le dis, moi, Franfran, le pire est derrière toi. Allez, secoue-toi, ébroue-toi de ces vains regrets comme le poney sauvage se débarrasse de la rosée du matin, et pour te consoler, va faire tomber quelques actrices du mont des Supplices (surtout Isabelle Huppert, si c’était possible).

*La chanson à trous, c’est quand tu bois trop, que tu écris des trucs sur une serviette de bar en pensant que tu tiens le truc du siècle, que tu te réveilles le lendemain pour réaliser que c’est de la merde, mais que tu as la flemme de refaire, et surtout très mal au crâne. Du coup, tu rajoutes un peu des autres phrases pour faire des rimes, et roule ma poule.

21 avis sur “Les Valses de Vienne, le chauffagisme et Isabelle Huppert

  1. Krazy Kitty avr 11, 2013 20:02

    « C’est Krazy Kitty », CERTES, mais c’est Krazy Kitty qui QUOI ?

    Moi je veux bien que vous dénonciez (je tiens d’ailleurs à préciser que ledit camembert n’a même pas requis l’usage d’une cuiller et n’avait pas encore développé ses propres pattes pour s’enfuir hors de sa boîte), mais ne nous laissez pas en suspens comme ça.

    Sinon j’ai fréquenté dans le F, une fois, et sachez bien qu’on ne m’y reprendra plus. D’ailleurs il me semble n’avoir pas fréquenté plus d’une fois par lettre de l’alphabet (admettant ainsi n’avoir pas fréquenté plus de vingt-six fois), je vous laisse, je vais ranger mes ex par couleur de tranche décroissante.

  2. beulogue avr 11, 2013 20:10

    RHOLALA NON MAIS TOUDSUIT’ quoi.

  3. Tibidiplouf (aka Galax-Ghost) avr 11, 2013 22:07

    Donc maintenant on fait comment pour ne pas l’avoir en tête toute la journée ?

  4. Tibidiplouf (aka Galax-Ghost) avr 11, 2013 22:08

    (de demain hein parce que bon aujpurd’hui la journée va plus durer longtemps)

  5. marieb avr 11, 2013 23:46

    Ah bah ça me rassure un peu en effet. Je pensais être la seule à ne rien comprendre, ce qui m’embêtait quand même dans la mesure où c’est quand même mon métier de comprendre le français.
    (sinon, je plussoie ce que dit krazy kitty sur les fréquentation du F. Enfin, sauf que comme je suis une grosse tourte (ou lente à la compréhension), on m’y a repris.)

  6. marieb avr 11, 2013 23:48

    Et sinon, oui, ma figure de style préférée c’est la répétition. (oh ça va hein) (vous avez failli avoir aussi 3 « un peu »)

  7. Tropiques (dans le super loin-loin) avr 12, 2013 03:40

    Ah, mais je m’insurge ! On NE TOUCHE PAS à Petit Ours Brun.

    Petit petit ours brun,
    c’est un gentil galopin

    lalalala …

  8. Sans-Visage avr 12, 2013 06:42

    Au 3ème paragraphe, après la 27ème parenthèse, je me suis perdu je crois….. :D

  9. Flooo avr 12, 2013 07:52

    Chère Impératrice, si vous souhaitez connaître une personne en F à peu près équilibrée, je suis là :)
    Sinon, pas merci pour cette chanson qui va tourner (comme une valse) ds ma tête toutes la sainte journée…

  10. Super Salade avr 12, 2013 08:05

    Bein je suis désolée de faire un choc à tout le monde, mais mon prénom à moi il commence par un F (mon vrai prénom, je veux dire, mes parents ont peut être des goûts bizarres mais ils m’ont pas appelée « Salade » en vrai, hein)

  11. Andromède avr 12, 2013 12:22

    Cette histoire de fréquentation de lettre « F » crée une marée de cris déchirants dans le beulogue, on a plein de gens qui n’ont jamais fricoté dans ce coin de l’alphabet. En plus, moi non plus j’ai jamais relationné en « F », alors hein.

    Et puis entre ceux qui disent que les « F » sont des buses et ceux qui se prétendent « F » et de qualité, on a besoin de données statistiques pour savoir qui a raison.

    Du coup, les z’amis, je propose qu’on fasse un petit adopteunmec spécial lettre F dans le beulogue. Qui se met en vente en premier ?

  12. Deryn avr 12, 2013 13:24

    *croise les bras et lance un regard au Chrysacier*

  13. Finkhald Sarlonius avr 12, 2013 13:25

    Nous.
    Sept pour le prix d’un.
    Une affaire.

  14. beulogue avr 13, 2013 10:25

    Alors, oui, Flooo, quand je dis « fréquenter », faut entendre « avec le sexueeeeel », donc juste faire le coucou ne rentre pas dans cette catégorie.

    Maintenant que j’y pense, il me manque PLEIN de lettres (c’est dû entre autres à avoir un gros souci de lettres redondantes et de trop de gens avec le même prénom). Genre j’ai 4 A.

    MAIS j’ai un Z. Qui dit mieux ?

    Ptin. En vl’à un objectif motivant pour 2013 ! ENFIN !

  15. beulogue avr 13, 2013 10:26

    Andromède : je plussoie. Bring it on,bitches ! (pardon)

  16. Krazy Kitty avr 14, 2013 16:12

    Oh, je suis jalouse de votre Z.

  17. beulogue avr 14, 2013 17:35

    Il vous plairait. Sa femme est charmante.

  18. beulogue avr 14, 2013 17:39

    Plus sérieusement, c’est mon seul fait d’armes, parce qu’à part ça il me manque une grosse partie de l’alphabet. J’ai clairement pas bien géré mes objectifs annuels ces derniers temps (décennies). Par exemple, il y a deux V qui me sont passés sous le nez.

    C’est comme mes chaussettes : à force de pas les classer par ordre alphabétique, j’en perds plein.

    Je suis pas organisée. C’est mon drame.

  19. Groumpff avr 16, 2013 12:16

    Bonjour … ça faisait longtemps.

    Comment peut-on écrire (est-ce le mot juste ?) des bouzes pareilles, après ce genre petit bijou :

    Si je t’écris ce soir de Vienne
    J’aimerais bien que tu comprennes
    Que j’ai choisi l’absence
    Comme dernière chance
    Notre ciel devenait si lourd

    Si je t’écris ce soir de Vienne
    Oh que c’est beau l’automne à Vienne
    C’est que sans réfléchir
    J’ai préféré partir
    Et je suis à Vienne sans toi

    Je marche je rêve dans Vienne
    Sur trois temps de valse lointaine
    Il semble que les ombres
    Tournent et se confondent
    Qu’ils étaient beaux les soirs de Vienne

    Ta lettre a dû croiser la mienne
    Non, je ne veux pas que tu viennes
    Je suis seule et puis j’aime
    Etre libre oh que j’aime
    Cet exil à Vienne sans toi

    Une vieille dame autrichienne
    Comme il n’en existe qu’à Vienne
    Me loge et dans ma chambre
    Tombent et de pourpre et d’ambre
    De lourdes tentures de soie

    C’est beau à travers les persiennes
    Je vois l’église Saint-Étienne
    Et quand le soir se pose
    Ces bleus ces gris ces mauves
    Et la nuit par-dessus les toits

    C’est beau Vienne
    C’est beau Vienne

    Cela va faire une semaine
    Déjà que je vis seule à Vienne
    C’est curieux le hasard
    J’ai croisé l’autre soir
    Nos amis de Luntachimo

    Cela va faire une semaine
    Ils étaient de passage à Vienne
    Ils n’ont rien demandé
    Mais se sont étonnés
    De me voir à Vienne sans toi

    Moi, moi je me promène
    Je suis bien, je suis bien…

    Et puis de semaines en semaines
    Voilà que je vis seule à Vienne
    Tes lettres se font rares
    Peut-être qu’autre part
    Tu as trouvé l’oubli de moi

    Je lis et j’écris mais quand même
    Ce qu’il est long l’automne à Vienne
    Dans ce lit à deux places
    Où la nuit je me glace
    Tout à coup j’ai le mal de toi

    Que c’est long Vienne
    Que c’est loin Vienne

    Si je t’écris ce soir de Vienne
    Chéri, c’est qu’il faut que tu viennes
    J’étais partie
    Pardonne-moi
    Notre ciel devenait si lourd

    Et toi de Paris jusqu’à Vienne
    Au bout d’une invisible chaîne
    Tu me guettes et je pense
    Jouant l’indifférence
    Tu m’as gardé malgré moi

    Il est minuit ce soir à Vienne
    Mon amour il faut que tu viennes
    Tu vois je m’abandonne
    Il est si beau l’automne
    Et je veux le vivre avec toi

    C’est beau Vienne
    Avec toi Vienne

    … Merci Mme Barbara !

  20. beulogue avr 16, 2013 17:57

    Oui, c’est magnifique, mais comme j’essaye de pas trop plomber l’ambiance, étrangement les Valses de Vienne remplit mieux cette fonction. Voilà le pourquoi du comment (et sinon la réponse à votre question est : avec de la drogue. Beaucoup de drogue)

  21. El amor avr 18, 2013 10:42

    Franchement c’est de plus en plus mongolien ici, j’adore :)
    Sinon, je suis sûr que si on se croisait un jour dans la rue, je vous plairais car j’attire beaucoup les rousses, je ne sais pas pourquoi (je suis pas roux, ça doit être mon poil brun de poney intrépide)

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