Aimons-nous vivants, c’est plus sympâh 11

Sur le chemin qui m’emmène chaque matin, en une longue transhumance désespérée, jusqu’au travaillement (en ce moment, on prend très cher, et pas dans le sens de : « on fait des apéros-fiesta tous les soirs et on ondule dans nos carrés VIP jusqu’au bout de la nuit c’est très sympâh »), je vois des affiches pour Warm Bodies. (Pitch de Warm Bodies : un zombie tombe amoureux d’une blonde, et ça le dézombifie. Still a better love story than Twilight)
Et à chaque fois je me retrouve avec « Aimons-nous vivants » dans la tête. Chanson que j’ignorais connaître, mais je ne sais pas, récemment j’ai eu une sorte de barrière mentale qui a cédé et je me suis souvenue de chansons que j’entendais petite (par exemple : And When the Rain Begins to fall, qui est en fait pas mal and still a better ove story than Twilight).

Bref, on s’en fout : Aimons-nous vivants, donc.

Ce qui, sur le principe, est plutôt une bonne idée. Parce que si les participants sont tous morts, c’est pas très pratique ; et si seuls certains d’entre eux sont vivants, c’est pas très légal. Alors jusqu’ici, d’accord.
Mais j’ai quand même lu les paroles en entier pour vérifier que cette vibrante condamnation de la nécrophilie restait cohérente jusqu’au bout.
Je vous dis la conclusion tout de suite : moyennement.

Comme une envie de dire je t’aime
Éventuellement.
Quand on est au bout de soi même
Si tu arrives à te paumer dans toi-même au point que tu échoues dans une impasse de ta propre tête, je recommande de faire un point stratégique -et de prendre à gauche, la prochaine fois que ta petite voix intérieure te dit : « à gauche », au lieu de répondre « nan nan mais c’est bon, je connais un raccourci ».
Quand il n’y a plus aucune raison de le cacher
Il y a toujours une raison de cacher que tu aimes les gens. Ne serait-ce que pour éviter qu’ils en profitent pour te piquer ta dernière Danette. Ces enfoirés.
Comme une envie de rêver tout haut
J’ai lu « péter », et je ne dis pas ça pour obtenir de la gloussade facile (je parle pour moi, hein. L’autre jour j’ai rigolé en lisant « bonbon ». J’ai besoin de vacances). Ce qui, dans un sens, ne détonne pas vraiment, tant il est vrai qu’il semble s’agir surtout d’une chanson dédiée à la Liberté.
Te dire enfin les mots qu’il faut
C’est pas un gros challenge. Il suffit de rester vague, ou alors de dire « éventuellement ». « Éventuellement », ça fonctionne à chaque fois. Essayez chez vous : « Tu reveux des carotttes râpées ? T’as pensé à racheter du PQ ? On baise ? C’est bon, tu peux arrêter de faire la gueule, maintenant ? « , à chaque fois, avec « éventuellement », on s’en sort.
Les mots faciles qui ont le pouvoir de déranger
Du coup, finalement, « prout » convient très bien.

Et ce soir,
Ah non, ce soir je me couche à 19h45.
Je veux briser les ponts
Si après t’es sur une rive à vouloir aimer vivant et que Marie-Fulgence est de l’autre côté de la rivière, tu vas avoir l’air malin, tiens.
Du silence
Ah pardon, briser les points du silence. Ça ne veut rien dire.
Franchir le mur du son, le temps d’une chanson
Je ne vous cache pas que j’ai aussi regardé le clip (de toute beauté), et j’en ai déduit que notre ami qui aime aimer les vivants en brisant les ponts du silence : 1) sait faire des petits pas sautés-mouliné comme s’il jouait à l’élastique ; 2) a de belles bottes ; 3)est très fort en petites moues MAIS n’a clairement pas les capacités vocales pour casser le mur du son. Eeeeet en même temps, alors que j’imagine une reprise ingérable avec des trilles à la Mariah Carrey, je me dis que c’est sans doute sans mieux.

Bon, et pour cette histoire de petites moues, l’image vaut mieux que les discours des ponts du silence.

{Refrain:}

Aimons-nous vivants
Éventuellement (vous voyez, je vous ai pas menti : ça marche à tous les coups).
N’attendons pas que la mort nous trouve du talent
Ou des vers.
Aimons-nous vivants
Certes.
S’il faut danser, je veux danser maintenant
Ah oui, tiens, je danserais bien. S’il faut danser. Mais par contre, je suis obligée de faire le petit pas sauté-mouliné ?
Aimons-nous vivants
Oui oui, ben on n’est que mardi, alors calmons-nous la bite, surtout.

Aimons-nous debout
Alors sur le papier ça a l’air hyper sympa et de l’érotisme de la pacion. Dans la vraie vie, si tu veux que ce soit et érotique de la pacion et pratique, il te faut un courtisan avec de très bons genoux, ou beaucoup plus petit que toi. Or, j’avoue, ça m’est arrivé fort souvent de vouloir courtiser des gens plus petits que moi (car d’une, il y en a plein, et de deux, ils sont mimis), mais l’image du doryphore sur la patate me coupe un peu le mood de la courtisanerie.
Faisons la paix, faisons l’amour entre nous
Voilà un programme qui me semble particulièrement underground. Après une dénonciation ferme contre la mort, voilà qu’on nous impressionne avec des prises de positon radicales sur l’amour qui est bien et la paix qui est sympâh et fricotons entre gens d’ascendance similaire. L’establishment doit trembler dans son combizlipe.
Aimons-nous surtout
Non mais y’a des surfaces, c’est pas terrible. Par exemple, est-ce qu’on pourrait s’aimer ailleurs que sur du gravier ? Ou que sur la moquette, qui brûle les genoux ? Si c’était possible.
Pour ne plus jamais, jamais vivre à genoux
Ah VOILA, on reparle des genoux. On sous-estime l’impact des genoux sur la vie sexuelle du romantisme de la pacion.
Aimons-nous vivants

Combien de larmes et de sourires
Ça dépend si tu comptes la mouchette.
De mots qu’on n’a pas osés dire
Ah ben oui mais si t’es occupé à briser les ponts, aussi…
Dieu que le silence est une arme qui fait souffrir!
Tu t’emportes, François.
Combien d’amours inavouées

Combien de passions condamnées

Au nom de ceux qui ne pourront jamais en mourir?
Tu es stone, François. Ça ne veut rien dire. Je veux bien que les rimes en « ires » ce soit pas forcément hyper évident, mais bon, faut pas pousser mémé dans la rivière d’orties (surtout maintenant qu’un abruti a détruit le pont).

Mais ce soir,
« Ce soir je te casse les pattes arrière, Jon SNow » (je m’emporte un peu. Figurez-vous que Satana m’a filé le premier épisode de Game of Thrones, mais ça a mal copié. Donc je peux pas le regarder. Donc j’ai le S3E1 de Game of Thrones sur mon disque dur mais en fait non. Je sais pas si j’ai assez souligné la difficulté du climat émotionnel actuel).
On va se dépasser
Ohlala, ça sent le relou qui aime le yogging.
Faire la fête,

Au nom de l’amitié, simplement pour chanter
… je comprends pas trop l’enchaînement. On parlait de se courtiser la fesse debout comme des chevals fougueux, et soudain on court le marathon de Béthune et on trinque du Champomy au nom de l’amitié ? Ah non, non-non-non, sans moi, bande de social-traîtres.

11 avis sur “Aimons-nous vivants, c’est plus sympâh

  1. Ninita avr 9, 2013 18:10

    Preums.

    Sinon Warm Bodies je l’ai vu, c’est de la comédie romantique choupinette avec des zombies, certes, mais surtout la pointe d’humour nécessaire pour pas rendre ça ridicule.

    (pi du vrai joli garçon dedans, de la jolie fille pas potiche -en même temps, sans cerveau elle aurait été vachement moins attirante pour un zombie- et des références shakespeariennes même pas lourdingues)

  2. Arya avr 9, 2013 18:45

    « Donc j’ai le S3E1 de Game of Thrones sur mon disque dur mais en fait non. Je sais pas si j’ai assez souligné la difficulté du climat émotionnel actuel ».
    Je n’interviens jamais pour commenter ton blog que j’adore, ô mon impréatrice, mais là, ta souffrance m’est insoutenable. Pour moi en tout cas, l’évocation de ton climat émotionnel est criante de vérité et de souffritude. Je suis avec toi.

  3. Krazy Kitty avr 9, 2013 19:01

    — Tu m’aimes ?
    — Éventuellement. Il reste des chips ?

    Votre billet me rappelle la belle époque où on avait 15 ans, on écrivait de la poésie furieusement, et on s’engueulait les uns les autres que « ça sonne bien, mais ça ne veut rien dire ». Mes amis et moi-même étions beaucoup trop prosaïques : clairement, ce n’était pas un critère. (D’ailleurs, celui qui faisait le plus la gueule quand on lui disait ça est le seul qui écrive maintenant des paroles. De profession.)

    Sinon, quand y a écrit « 2002 » sur la vidéo, ils veulent dire « 1982 », on est d’accord ?

  4. beulogue avr 9, 2013 19:06

    Je crois qu’ils se moquent (ils sont taquins). Une telle moue ne peux pas avoir été produite après 1987, c’est impossible.

  5. beulogue avr 9, 2013 19:07

    (et vous voyez comment ça marche bien, « éventuellement » ? )

    Arya> Votre soutien me va droit au cœur.

  6. Tibidiplouf (aka Galax-Ghost) avr 9, 2013 21:53

    moui ….éventuellement ….

    (je teste hein)

  7. Sans-Visage avr 10, 2013 06:58

    Winter is coming, Impératrice, winter is coming…..

    (and death to the lannister !!!!)

  8. Lost in translécheune avr 10, 2013 07:24

    Salutations impératrice,
    Jamais commenté votre grandissime blog avant ce jour mais là, impossible de ne pas vous signifier que ce matin, et probablement pour toute la journée, A CAUSE DE VOUS, mon cerveau est totalement parasité par la « mélodie » (oui gros guillemets car avouez-le mélodie reste un terme un peu fort pour cette… heu… chose) de « Aimons-nous vivants ». Dans 15 mn j’ai réu avec le Préfet (oui parce que des fois dans mon travaillement à moi j’ai des réus avec le préfet) et j’envisage donc aujourd’hui de l’accueillir en chantant du François Valéry. Bah et pourquoi pas ? Mais oui mais non car dans la vraie vie le préfet il donne pas envie du tout d’aimer personne ni vivant ni mort ni rien du tout, même pas de rigoler, même pas « éventuellement », non non non. Faut que je me sorte cette chose de la tête. Yihaaa.

  9. k1000 avr 10, 2013 13:57

    les trompettistes sont ils danseurs ou les danseurs sont ils trompettistes?
    Non ce n’est pas du play back impossible!
    (il l’avait pas inventé en 82)
    et puis avec ce jeté de cou de la choré j’ai peur qu’ils ne restent pas vivants fort longtemps.

    merci imperatrice

  10. Tibidiplouf (aka Galax-Ghost) avr 10, 2013 16:07

    j’ai craqué …. j’ai lancé la vidéo … alors en un mot …. euh …. non rien

    (la chorégraphie même moi je crois pouvoir la faire et pourtant je suis une buse)

  11. Tropiques (dans le super loin-loin) avr 11, 2013 02:33

    Tibidiplouf : j’ai moi aussi lancé la vidéo (j’suis faible lorsqu’il s’agit de kitcheries des 80′s) MAIS sans le son (ahaha, pas folle quand même)(éventuellement).
    Les petits pas énergiques de la « pianiste à bretelle » m’ont bouleversifiée. Quel entrain, quelle fougue ! Surtout que ses doigts ne bougent pas beaucoup … tellement concentrée sur les pieds.
    je pense donc que le play back existait en 1982.

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